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Communiqué

Conseil national du PCF : Rapport de Patrice Cohen-Seat

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Écrit par Parti communiste français   
Index de l'article

Conseil national du PCF : Rapport de Patrice Cohen-Seat

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Vous trouverez ci-dessous le rapport de Patrice Cohen-Seat prononcé à l'occasion du Conseil national du PCF, qui se tient depuis hier, jusqu'à ce soir.

Marie-George Buffet et Patrice Cohen-Seat rencontreront la presse ce jour, à 12h, au sujet du Conseil national, au siège national du PCF, 2, place du Colonel Fabien 2005.

Parti communiste français - Paris, le 22 septembre 2005.

Patrice Cohen-Séat

21 septembre 2005

Rapport au Conseil national

Cher-e-s camarades,

L’objet de notre réunion est de travailler de façon précise la manière dont nous allons mettre en œuvre notre démarche de rassemblement pour résister à la droite et la battre.

Nous avons tenu une cession de notre Conseil national il y a quelques jours, juste avant la fête de l’Huma. A partir de l’analyse de la situation politique que nous a proposée Richard Sheehan - sur laquelle je ne reviens donc pas en détail - je concentrerai mon propos sur les objectifs que nous devons nous fixer au regard de cette situation (I) ; puis sur les conditions du succès (II) ; enfin sur la façon de poursuivre la mise en œuvre de notre démarche(III).

I. Une course de vitesse

La situation, Richard l’a bien analysée dans son rapport, est caractérisée par la violence de la politique de la droite. Mais elle l’est tout autant par la colère et le refus qui montent dans la société. L’aiguisement de cette contradiction, dont l’écrasante victoire du « non » a donné spectaculairement la mesure, crée une situation qualitativement nouvelle marquée, me semble-t-il, par une véritable course de vitesse : les risques sont considérables, et les possibles aussi.

A. Le projet de la droite.

Je voudrais insister en quelques mots sur l’ampleur et la gravité du projet de la droite.

Et d’abord un constat : les conséquences de cette politique ultra-libérale atteignent désormais un niveau socialement et humainement intolérable. Le scandale est maintenant quotidien.

Cet été, en plein Paris, des tragédies évitables ont coûté la vie à des dizaines d’enfants, de femmes et d’hommes, la plupart originaires d’Afrique, tous victimes d’une politique du logement inhumaine.

Cet été, dans toute la France, le jeu de massacre de l’emploi s’est poursuivi : à Romans, avec la destruction organisée de l’industrie de la chaussure de luxe ; à Florange, avec la fermeture programmée de GKN ; à Marseille, où il a fallu une lutte exemplaire pour commencer à faire reculer Nestlé et arracher au moins une discussion sur la décision de fermeture ; à Saint-Nazaire, où la logique Bolkestein est déjà poussée jusqu’à une sorte d’esclavage moderne ; à Grenoble, où Hewlett Packard, veut licencier le quart de ses effectifs en France. Toutes les entreprises, toutes les catégories de salariés, jusqu’aux ingénieurs, vivent désormais sous la menace de la délocalisation et de la fermeture.

Partout, l’argument est le même : la compétitivité ! Et pourtant, dans la plupart des cas, les entreprises, en tout cas les groupes concernés font des bénéfices considérables. Cette conception de la compétitivité n’a même plus rien à voir avec la production : elle est la pure recherche du profit boursier, la récompense spéculative des efforts des actionnaires pour licencier, comprimer les salaires, précariser, délocaliser, faire baisser le « coût du travail » pour faire monter le taux de profit.

En dix ans, la « délocalisation » du capital, qui a jusqu’à maintenant concerné essentiellement le capital industriel, a entraîné la sortie « nette » de notre pays de plus de 315 milliards d’euros. Le prix à payer par le monde du travail a été de 288 000 emplois industriels, supprimés pour être remplacés, ailleurs, par du travail jugé « moins coûteux ».

Ce mouvement de délocalisation du capital atteint désormais aussi les emplois dans les services. Cela conduira inexorablement, si notre peuple n’arrive pas à stopper ce rouleau compresseur, à un véritable désastre social.

Ce processus est à l’œuvre depuis une trentaine d’années. C’est ce que l’on a appelé la « vague libérale », ou encore la mondialisation capitaliste, dont l’une des dimensions essentielles est de supprimer toute entrave à la liberté de circulation du capital afin de permettre la mise en concurrence planétaire des peuples et des systèmes sociaux. Aujourd’hui, il s’accélère pour répondre aux besoins du grand capital financier qui exige de maintenir des taux de profits exorbitants pour la masse énorme des capitaux accumulés. C’est d’ailleurs cette même logique qui conduit à la fébrilité avec laquelle l’Etat brade actuellement au privé et aux fonds de pensions les fleurons de nos entreprises publiques : autoroutes, EDF, AREVA, SNCM, etc.

Mais la réponse « libérale » principale à ce processus est de « réduire le coût du travail », c’est à dire de donner sur place au capital les avantages qu’il cherche à obtenir ailleurs : coupes sombres dans les dépenses publiques et sociales, précarisation du travail, pression permanente sur les salaires et les droits sociaux, privatisations, cadeaux fiscaux et subventions aux entreprises, etc., et avec la directive Bolkestein, emploi de salariés étrangers « aux conditions de leurs pays d’origine ».

Nous avons vu cet été jusqu’où cela mène déjà : le « contrat nouvelle embauche », qui vide l’idée même de contrat de travail de sa substance puisque le salarié devient « jetable » à tout moment pendant deux ans. Et la subvention aux bas salaires, qui revient à faire payer par l’Etat, donc pour l’essentiel par les salariés eux-mêmes, une part des salaires des moins favorisés.

Mais cette politique bute, aujourd’hui encore, sur ce qui reste de notre système social, issu notamment de la Résistance. C’est cet obstacle – le Medef l’a annoncé clairement – qu’il faut maintenant faire sauter. Le capital exige des forces qui le soutiennent qu’elles accélèrent et rendent irréversible un remodelage profond de notre société.



 

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