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Communiqué

« Maalesh » - Un asile photographique au Moyen-Orient

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Écrit par Zsuzsa Kis   

« Maalesh » - Un asile photographique au Moyen-Orient, 1938-1946

Photographies d’Etienne Sved

 

Communiqué de presse - Mardi 18 Octobre 2005 - Pour la première fois à Paris, l’Institut Hongrois présente « Malesh » , une série de photographies d’Etienne Sved, prises entre 1938 et 1946 au Moyen-Orient. Ces photographies devaient accompagner le texte de Jean Cocteau, Malesh, journal d’une trournée de théâtre, mais le texte et les photos n’ont été réunis et publiés qu’en 2003 par l’Éditions Le Bec en l’Air et le Musée Nicéphore Nièpce de Chalon-sur-Saône. Le public parisien aura l’occasion de découvrir presqu’une centaine de ces photographies, souvent tirages originaux, dignes des grandes traditions de la photographie hongroise, du 26 octobre au 22 novembre 2005.

 

L’Institut Hongrois s’associe au Musée Denon et au Musée de la Photographie Nicéphore Nièpce de Chalon-sur-Saône ainsi qu’à l’association Les amis d’Etienne Sved pour faire découvrir Etienne Sved, photographe d’origine hongroise aux amateurs de la photographie à la capitale française. 79 tirages noir et blanc; originaux et plus récents conduiront le visiteur dans l’Égypte des années 1938-1946.

Né en Hongrie d’une famille juive, Étienne Sved (né Süsz István, 1914-1996) doit quitter son pays à l’arrivée des nazis et se réfugie en Égypte, où il séjourne durant huit ans. De ce séjour forcé naît une entreprise: la trilogie, inachevée, réalisée en collaboration avec Étienne Drioton, Tristan Tzara et Jean Cocteau. Seuls deux ouvrages furent publiés dans la France d'après-guerre (l’Art égyptien, texte d’Étienne Drioton, 1951; l’Égypte face à face, texte de Tristan Tzara, 1954).

Projet délaissé, resté à l'état de maquette, Maalesh réunit une centaine d'images (au format 18/24) jointes à des citations. Sved souhaitait devenir le passeur des mots de Cocteau: Jean Cocteau (1889-1963) avait écrit Maalesh, journal d'une tournée de théâtre après un voyage au Moyen-Orient durant lequel ont été jouées trois de ses pièces. L’écrivain traverse entre autres l’Egypte, du 6 mars au 24 mai 1949.

(Extraits de la préface de Maalesh, éd. Le Bec en l’Air, 2003.)

 

 

 

Informations pratiques :

Vernissage :

 « Maalesh » - Un asile photographique au Moyen-Orient, 1938-1946

PHOTOGRAPHIES DE Étienne Sved

DATE : LE MARDI 25 OCTOBRE 2005, DE 19 HEURES A 20 HEURES. EXPOSITION OUVERTE JUSQU’AU 22 NOVEMBRE 2005

LIEU : INSTITUT HONGROIS DE PARIS, 92, RUE BONAPARTE, 75006 PARIS

CONTACT PRESSE : ZSUZSA KIS, ATTACHEE DE PRESSE

TEL : 01 43 26 12 06, FAX : 01 43 26 89 92, E-MAIL : Cet e-mail est protégé contre les robots collecteurs de mails, votre navigateur doit accepter le Javascript pour le voir

 

Paris, le 21 septembre 2005                                                                          Zsuzsa Kis

Institut Hongrois de Paris


 

Légendes des photographies disponibles pour la presse

 

 

Exposition « Maalesh » - Un asile photographique au Moyen-Orient, 1938-1946

Photographies de Étienne Sved à l’Institut Hongrois de Paris du 26 octobre au 22 novembre 2005

 

 

 

 

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Etienne Sved, Sans titre

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Etienne Sved, Sans titre

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Etienne Sved, Sans titre

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Etienne Sved, Sans titre

 

 

Mention obligatoire des photos :

 

Musée Nicéphore Nièpce, Chalon-sur-Saône

 

 

 

Contact presse : Zsuzsa Kis, attachée de presse

Institut Hongrois de Paris, 92, rue Bonaparte, 75006 Paris

Tel : 01 43 26 12 06, Fax : 01 43 26 89 92, e-mail : Cet e-mail est protégé contre les robots collecteurs de mails, votre navigateur doit accepter le Javascript pour le voir

 


Cocteau et Sved - histoire d’une rencontre

 

« Maalesh est un mot qu’on emploie sans cesse, à tout propos, pour dire « ça n’a pas importance », comprenez-vous ? »

 

(Jean Cocteau, in Jean Cocteau, André Fraigneau, Entretiens éditions du Rocher, 1988)

 

 

Jean Cocteau (1889-1963) écrit Maalesh, journal d’une tournée de théâtre après un voyage au Moyen-Orient durant lequel ont été jouées trois de ses pièces. L’écrivain traverse notamment l’Égypte, du 6 mars au 24 mai 1949. Paru dans l’année, son texte connaît un succès mitigé, puis tombe dans l’oubli : l’ouvrage n’a jamais été réédité depuis cette date. Il mérite aujourd’hui qu’on le redécouvre: la vie intellectuelle et mondaine dans l’Égypte de l’après-guerre y est décrite avec l’esprit -parfois féroce -et l’acuité qui caractérisent Cocteau, mais on y lit surtout sa fascination immédiate pour le peuple d’Égypte. Quelques semaines auront suffi à Cocteau pour saisir l’essence de l’âme égyptienne, qu’il restitue dans ce journal de bord avec générosité et poésie.

Né en Hongrie, Étienne Sved (1914-1996) intègre en 1930 « 1’Atelier », une école libre d’arts appliqués fondée à Budapest par des disciples du Bauhaus. Juif, il doit quitter son pays à l’arrivée des nazis et se réfugie en Égypte, où il séjournera durant huit ans. Journaliste pour le Progrès égyptien, il publie de nombreux dessins satiriques avant de découvrir la photographie, et s’invente graphiste avant l’heure en mettant au point des procédés qui lui permettent des détourages, des superpositions ou des déformations de l’image. Il parcourt le pays à dos d’âne, s’attarde aussi bien dans les musées et les sites funéraires que sur les rives du Nil, où il photographie ses contemporains. Il rapporte de ce long périple une impressionnante collection de photographies, qu’il exploite notamment dans l’Égypte face à face (1954), avec un texte original de Tristan Tzara.

 

/Reprise du texte du Dossier de presse de l’exposition Etienne Sved: Malesh, un asile photographique au Moyen-Orient 1938-1946, Musée Denon, du 19 juin qu 19 septembre 2004/

 

Le Maalesh - de Cocteau et d’Étienne Sved

Les livres de photographie en France ne suscitent pas l’intérêt que l’on trouve, par exemple, dans les pays anglo-saxons. On leur préfère généralement les livres de photographes. La primauté du littéraire, la fascination pour l’auteur, notre crainte de l’anecdote et du commentaire ont fait du genre illustratif une catégorie dédaignée. Pourtant, s’il est des réussites parmi la catégorie des livres de photographie illustrés, les ouvrages publiés par Étienne Sved en font évidemment partie.

Sved est redevable à l’Égypte de toute son invention et de son existence même :il y était venu caricaturiste, il en reviendra photographe et metteur en page. Il fuyait l’antisémitisme, il y trouvera refuge et inspiration. Né juif, Istvan Szüsz -futur Étienne Sved, le « Suédois » -grandit dans une Hongrie soumise à la réaction. Il veut cependant croire aux ressources de l’art.

En 1930, il entre à « l’Atelier », l’école libre d’arts appliqués de Budapest, d’où il retirera des qualités certaines dans les domaines du graphisme et de l’illustration, et un intérêt constant pour le théâtre. Il se nourrit de l’héritage encore vivant d’une avant-garde artistique qui n’a jamais cessé de balancer de l’expérimentation plastique à la littérature et au théâtre.

Bien que converti au protestantisme (1938), affecté par la situation politique, il n’entrevoit d’autre choix que l’émigration. Quelques semaines après son arrivée à Alexandrie, la Hongrie se referme définitivement sur les candidats au départ. Partance et exode suscitent presque simultanément chez lui la volonté de faire de l’art, la nécessité de témoigner et de dépasser le moment présent.

Ainsi, contraint, Étienne Sved échoue en Égypte. De ce séjour forcé naît une entreprise: la trilogie inachevée accomplie avec Étienne Drioton, Tristan Tzara et Jean Cocteau. Seuls deux ouvrages furent publiés dans la France d’après-guerre ;  Maalesh paraît enfin. Projet délaissé, resté à l’état de maquette, Maalesh réunit une centaine d’images (au format 18/24) jointes à des citations. L’ambition de l’ouvrage était d’élaborer un scénario unique à partir d’un double voyage, où la photographie en tant que telle n’avait pour but que de constituer « une documentation photographique sur l’Égypte pharaonique complétée par une étude ethnologique, toujours en images, de l’Égypte moderne ».

Travaillant pour El Ahram puis la Société orientale de publication, Sved parcourt le pays à dos d’âne, muni d’un appareil prêté par son employeur. Amateur, autodidacte, absolument étranger à la technique, il se saisit de cette opportunité. Il s’intéresse tout particulièrement aux jeux de lumière, dont il use afin de théâtraliser ses sujets. C’est alors qu’une rencontre décisive va déterminer la construction de l’opus l’Égypte face à face. photographique d’Étienne Sved : l’abbé Drioton, directeur du musée du Caire lui accorde les autorisations nécessaires pour photographier à loisir les sites et les salles du musée du Caire.

Installé en France en 1946, Sved, riche de milliers de négatifs, s’engage alors dans la réalisation de sa trilogie. Étienne Drioton le soutient et l’accompagne dans l’édition d’Art égyptien, publié en 1951 Mais ce qui devait être confié à Cocteau, selon le souhait initial de Sved ne put se conclure. Suite à la parution en 1949 de Maalesh, journal d’une tourné de théâtre, Sved avait pris contact avec Cocteau et lui avait proposé une illustration photographique de son texte. Malgré la réponse favorable du poète, le projet tourna court, pour diverses raisons. C’est avec la collaboration de Tristan Tzara qu’aboutit enfin le dernier opus, L’Égypte face à face (1954), destiné à mettre en valeur les permanences de la culture égyptienne, une culture universelle. Cependant, Sved ne se résigna jamais à abandonner Maalesh, qui avait pour mérite de livrer les expressions d’une expérience qu’il pensait personnelle. Dans une optique encyclopédique et pédagogique, Drioton et Tzara disaient avec érudition le mystère, le rendaient lisible. Pour Cocteau, en revanche, le savoir de l’Égypte loge dans son mystère, définitivement inextricable. Conscient de cette connivence avec le regard du poète, Sved souhaitait devenir le passeur des mots de Cocteau, des fragments d’éternité perçus en Orient, là où « les hommes montent jusqu’aux dieux ». La photographie n’était pour lui qu’une étape, un outil supplémentaire au service de l’oeuvre majeure que représentait le livre. Mais si l’oeuvre photographique, en général, supporte assez mal la confrontation avec les grands textes, Étienne Sved fait contre-exemple.

 

Extraits de Quittons ces murs... Le Maalesh de Cocteau et d’Étienne Sved par François Cheval, conservateur en chef du musée Niépce, directeur des musées de Chalon, préface de Maalesh, édition Le Bec en l’Air, 2003

 

Maalesh : le livre

 

Maalesh, journal d’une tournée de théâtre a été publié pour la première fois en 1949. La presse de l’époque accueillit le livre timidement, et plusieurs personnalités du monde littéraire français firent à Cocteau des critiques virulentes. On lui reprochait une mauvaise connaissance de l’histoire de l’Égypte antique, sa fréquentation de pseudo-archéologues qui confondaient science et ésotérisme, des propos définitifs sur une société qu’il connaissait mal, une tendance à préférer les cocktails de la bourgeoisie cairote aux immersions dans les ruelles populaires. En Égypte, le livre fut interdit dès sa parution: les autorités fustigèrent la description de la misère, qui donnait une mauvaise image du pays.

Étienne Sved n’était pas de cet avis, lui qui avait trouvé refuge en Égypte pour fuir les barbaries du XXe siècle. Il écrira qu’en lisant Maalesh, il avait été « frappé par l’acuité prémonitoire du regard de Jean Cocteau, par l’ampleur de la vision intemporelle qu’il [avait] de ce pays » .

Dès 1950, Sved propose à Cocteau une illustration photographique de son texte. Lorsqu’il reçut la maquette du projet, ce dernier se montra très enthousiaste et l’encouragea à une publication. Mais le livre ainsi créé n’entrait dans aucune catégorie et fut refusé par plusieurs éditeurs parisiens. Ni documentaire, ni album nilotique, il consacrait pourtant un genre inédit, pure invention d’Étienne Sved, qu’on pourrait qualifier de « roman-photo poétique » .

Yvette Sved, précieuse gardienne de la mémoire de son époux, avait heureusement pris soin de conserver la maquette visée par Cocteau, où Sved avait patiemment collé ses tirages photographiques en regard du texte. La version éditée aujourd’hui s’inspire étroitement de ce document de travail. Elle a été adaptée aux exigences graphiques contemporaines: les caractères. typographiques ont été modifiés et la mise en page aérée. Néanmoins, elle reste fidèle à l’esprit du livre conçu par Sved, et la maquette originale, réalisée en 1950, figure en fin d’ouvrage, à échelle réduite. On y trouve également le texte intégral se rapportant au séjour égyptien de Cocteau.

 

 

Les partenaires du projet

 

Créée depuis mai 2002, l’association Les amis d’Étienne Sved a pour objet la conservation, la promotion et la diffusion de l’oeuvre de cet artiste. Connu dans la région provençale pour son livre illustré Provence des campaniles (1969), Étienne Sved était pourtant bien plus qu’un photographe. Graphiste, illustrateur, éditeur mais surtout infatigable explorateur de la matière photographique, il laisse derrière lui une oeuvre composite et singulière.

Le musée de la photographie Nicéphore Niépce, à Chalon-sur-Saône, a récemment acquis la collection moyen-orientale d’Étienne Sved, notamment l’ensemble des photographies réalisées en Égypte, soit plus de 3000 négatifs et de nombreux vintages (tirages d’époque). Ces documents, conservés dans la cave d’Étienne Sved, ont ainsi été sauvés de la dégradation, grâce à l’intervention des proches du photographe et de l’association, qui ont sollicité le musée Niépce pour sauvegarder ce patrimoine.

Cette collaboration a donné lieu à plusieurs projets communs, avec le soutien de la Ville de Manosque: en 2003, une exposition rétrospective de l’oeuvre de Sved (Étienne Sved, photographiste) accompagnée de la coédition d’un livre inédit, Maalesh, par les éditions Le Bec en l’Air et le musée Niépce ; l’exposition Maalesh en 2004 au Musée Denon de Chalon-sur-Saône, en hommage à cette chronique égyptienne, inspirée et méconnue – et, enfin en automne 2005 l’exposition Malesh de l’Institut Hongrois de Paris qui permet pour la première fois au public parisien de découvrir cette série envoûtante.

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