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Mercredi 30 Novembre 2005 - Communiqué de presse - Momo est mon ami. Nous nous connaissons de longue date. Momo est très sensible. Il souffre trop souvent de ces réflexions qui lui sont adressées sur fond de racisme. Il aime la France et garde toujours au fond de son cœur la couleur du ciel de son pays d’origine. Nous avons le sang chaud, et des points communs. Sommes-nous toujours tolérants ? Ca se discute… Actuellement, nous discutons plus que jamais. Nous avons même fait semblant d’ouvrir un café des commères où assis autour de tasses de café fumantes, entourés d’une grosse pile de journaux, nous commentons les nouvelles de ces dernières semaines. Le jeu consiste à marquer des points chaque fois que l’on trouve une info difficile à avaler. Tout à coup j’ai cru que Momo allait s’étouffer : « Tu sais quoi ? Les hommes vont porter des jupes ! Tiens regarde les photos. » Il était question « d’un designer » pour qui « la jupe est un vêtement 100 % masculin. » J’en ai eu les jambes coupées.
J’allais reprendre mon souffle pour finalement essayer de trouver une justification à l’égard de tous ceux qui dans l’Histoire ou dans le Monde aujourd’hui ont porté ou portent une jupe. Impossible d’aller plus loin. Surtout pas jusqu’à penser ce que certains écrivent : ils la trouvent « plus pratique que le pantalon » ! Il y a du gag sous les plis de l’égalité puisqu’une des justifications tient dans la formule « les femmes ont pris nos vêtements, il n’y a plus qu’à prendre les leurs ». Comme pour attester de la réalité, une personne de confiance vient de me dire à ce sujet, qu’elle en croise souvent un qui en a une ! C’est le moment que choisit Momo pour me passer sous le nez une autre feuille. Sur celle-ci, il était question de culture : une version très virile du Lac des Cygnes vient d’être présentée au Théâtre Mogador à Paris. C’est une volée d’hommes qui vient raconter l’histoire du prince amoureux de la princesse. En quelque sorte les « Ty-types » remplacent les « Tutus ». Cela fait très mâle sûrement. Petit détail que souligne Momo en reprenant l’avantage : « Ils sont habillés en pantalon en fil de laine blanche ! » Et là, dans sa logique qui est aussi la mienne, il me dit d’un trait « Comment faire pour y comprendre quelque chose si maintenant la mode vante la jupe pour homme à la ville et le pantalon sur scène pour des rôles habituellement joués par des femmes ? » Impossible de soutenir le dialogue. Le prince et le cygne noir quittent la scène et nous laissent sans repère. C’est en quelque sorte la mort du signe. La fin de la reconnaissance des signes que nous connaissions. Vous sentez, vous aussi, la chair de poule vous envahir devant cette pantalonnade montée par des faisans, n’est ce pas ? Au même moment la statue de Napoléon est aussi sur la sellette. Les Icônes se doivent aujourd’hui d’être traînées dans la boue. Une recette à la mode : Deux doigts de l’après guerre, ajoutez un verre d’invraisemblable et faites de Napoléon, l’initiateur d’Hitler. Encore et toujours faire mourir Dieu, voilà l’objet de justes ressentiments. Restent encore quelques sanguinaires de la révolution dont il faudra faire tomber les têtes. Il est vrai qu’ils ont le cou dur ceux là, mais ça se fera. On arrivera ainsi à Vercingétorix et aux Gaulois qu’il conviendra de fustiger car, en cherchant bien, nos ancêtres n’étaient pas loin d’être des barbares. Et pendant ce temps les journaux de la même période annoncent de bien belles nouvelles de Société : « Un flot d’homosexuelles - en Belgique - nouvelles candidates à l’insémination…» Ou bien, « Le résultat du rapport 2005 de l’Observatoire Européen des Drogues et des Toxicomanies selon lequel, 20 % de la population Européenne aurait goûté au Canabis »… Ou encore et surtout, ce merveilleux rappel accordé aux artistes de ces groupes de rappeurs qui s’étaient vus décerner des Victoires de la musique en 2000. A ce sujet, certains esprits bien pensants sont outrés et trouvent que c’est en prendre bien à son aise avec la Liberté. « Chanson coup de cœur de la Fnac » les paroles de « FranSSe » sont pourtant éloquentes : « La France est une garce, n’oublie pas de la baiser jusqu’à l’épuiser »… Une grosse larme s’est mise à couler sur la joue de Momo. Heureusement, Pilou est arrivé sur ces entrefaites et dans un grand rire nous a rassuré en rugbyman accompli : « Le cochon est dans le maïs », mais rien n’est perdu ! Gérard GORRIAS www.lignedecredit.com Gérard Gorriaswww.lignedecredit.com Articles associés
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