|
Pour les besoins de la cause et pour coller à la réalité mettons derrière « l’image » tout ce qui peut s’y rapporter de près ou de loin. Croquis, caricature, reproduction, gravure, cartoon, vidéo, film, figure, … J’arrête là tant la liste serait longue. L’image a accompagné le monde depuis Lascaux. Les peintres naïfs, figuratifs, impressionnistes se sont attachés à ce reflet qu’ils voulaient donner aux êtres et aux choses. Bien que ceux là aient rangé leurs pinceaux depuis belle lurette, l’artiste contemporain la cherche encore mais cette fois par l’esprit, ou en tous cas pour en faire une représentation mentale. Cette image artistique reste en quelque sorte l’image du temps, d’une période. La photo est venue à la fois confirmer cette situation de fait et brouiller les cartes. Elle est devenue descriptive, dans le moindre détail. En un peu plus d’un siècle, elle a pris des couleurs et force est de constater qu’elle n’est plus aujourd’hui, une simple représentation. Elle donne un point de vue. Elle est universelle. Elle est technique et ne peut se confondre avec un tableau.
Il est maintenant évident que la photo – artistique ou non – est attachée intrinsèquement à l’image et qu’ainsi elle est le reflet de notre quotidien. Les grands médias sont nés avec et grâce à l’image. Ils en abusent régulièrement. Ils savent que l’image peut éblouir, faire mal, évoquer la pire des situations, quitte à ce que cela ne soit pas tout à fait conforme à la réalité. Ainsi ils jouent avec cette image tricheuse, qui ne montre souvent que ce que veut bien montrer l’opérateur. Aujourd’hui l’image est utile puisqu’elle permet, de plus en plus, de retrouver traces des voyous. Cette image là peut même servir de prétexte comme ce fut le cas récemment où l’agresseur a filmé sa victime. A ce stade, l’imagerie devient paranoïaque. Par ailleurs, elle accompagne trop souvent la violence et intervient en tous domaines. Elle est parfois indélicate, impudique et sert de plus en plus un voyeurisme malsain. Les Hommes politiques en font souvent les frais. Ce n’est pas Angéla Merkel qui dira le contraire, depuis qu’un tabloïd Anglais a dévoilé, il y a quelques semaines, les charmes ou les parties charnues - comme vous voulez - de sa personne. Dans le même esprit, si j’ose dire, le discret président de la Confédération Helvétique s’est retrouvé - il y a quelques jours aussi - photographié en caleçon de bain, les pieds dans l’eau sur la plage d’Oman. Les Suisses peu habitués à ce genre de démonstration se sont montrés choqués au point d’en faire un fromage ou - presque - une affaire d’Etat. Pacotille que tout cela à côté de ces assauts montés, contre les Etats-Unis, mis au défi, par photos interposées. Ainsi, un des terroristes les plus recherchés par les Américains, Aboud Moussab al-Zarkoui, le chef d’Al-quaida en Irak est apparu sur les télévisions et Internet tout en faisant la Une d’un certain nombre de journaux internationaux, armé et bien portant ! A ce niveau on est en droit de se demander qui favorise la diffusion de ce genre d’images plus exactement de fanfaronnades ? Pourquoi ce type de forfaiture est mondialement repris ? A qui sert le crime ? Tout comme d’ailleurs les photos montrant l’éventuelle cellule du Français Moussaoui, qui - en cet endroit -, va souffrir sa vie durant, 23 heures par jour, disent les légendes, montrant une cellule en béton de 2 m sur 3… Que faut-il penser de ces plaintes en images ? Cette cellule est-elle montrée pour apitoyer ou pour culpabiliser ? L’image n’est plus aussi sage qu’on a bien voulu le dire… « Le poids des mots, le choc des photos » la formule phare de Paris Match est plus que jamais d’actualité. Rien ne se fait plus, dans le monde sans qu’une image vienne appuyer l’événement pour lui donner une autre dimension. Oui, mais alors que penser de l’usage des mots, car eux aussi ont évolué, et la violence ne leur fait pas défaut. C’est d’autant plus vrai qu’ils ne sont là que pour expliquer une icône, voire même en faciliter la lecture ou simplement pour accompagner une succession d’images… A eux seuls ils méritent une autre tribune, pour que nous en parlions en détail. Je ne ferai aujourd’hui qu’une exception à leur égard, en notant le rôle incroyable qui est le leur au travers des « liens hypertextes » ou publicitaires. Il y a parfois des expressions, des situations ou des mots incongrus qui sont reliés ensemble sur la toile, sans que l’on comprenne, à première vue, le rapport qu’il y a entre ceci et cela. Tenez par exemple, cherchez, « gay » - et hop - vous tombez sur « jack Lang ». Expliquez moi les raisons qui s’imbriquent l’une dans l’autre, et pourquoi dans ce cas là, on tombe sur le futur candidat à la candidature de la Présidentielle, qui vous permet moyennant 20 Euros « seulement » d’adhérer à son parti. Vous avez compris le lien, vous, entre les parties ? Gérard Gorrias Articles associés
Recommandez (7) | Citez cet article sur votre site | Suggérer par mail
Seuls les utilisateurs enregistrés peuvent laisser un commentaire. SVP, connectez vous ou enregistrez vous. Powered by AkoComment Tweaked Special Edition v.1.4.6 AkoComment © Copyright 2004 by Arthur Konze - www.mamboportal.com All right reserved |