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Chaque rentrée se doit, semble-t-il, de rimer avec actualité. Cette année tout y est passé. Les horreurs du crime montré sans pudeur ni respect, les propos papaux qui, tombés à pic, visaient simplement à rassembler les ouailles, le pugilat Lensois des mollets roses. Rien ne manquait. Les journaux et les téléspectateurs furent comblés. A tel point que je ne voudrais pas que vous ayez raté l’épisode convoyé par ce souffle qui, venu encore une fois d’Outre Atlantique, va changer nos vues et nos vies, voire plus, puisque tout va gonfler, bientôt, dans tous les sens du terme.
Une fois n’est pas coutume, c’est une histoire de fesses qui sera principalement au cœur du sujet. L’affaire est entre les mains de cette mode qui vient d’envahir les rayons des grands magasins ainsi que les boutiques de soieries, ou - de soirées - spécialisés dans la diffusion de sous vêtements. L’appellation en soi, révélatrice de tout un programme à tiroirs, permet d’évoquer ici les accessoires chargés de remplir à plein l’espace manquant. Ne trépignez pas, je vais m’expliquer. Les femmes entre elles, savent depuis des lustres que les fesses sont importantes, voire déterminantes, pour s’asseoir dans la vie. Jusque là rien de nouveau sous le soleil. Mais, figurez vous que ce qu’il est convenu d’appeler la partie charnue, peut-être molle, insignifiante et même pour certaines, inexistante. Dés lors, une souffrance morale affaisse les jours et les nuits de celles qui rêvent, en tout bien tout honneur, de se faire pincer les fesses. Aucun traitement n’était prévu pour remédier à la situation ne serait-ce qu’au regard du mal. Heureusement que quelques modélistes, après avoir fait le coup du soutien gorge pigeonnant, sont en train de toucher à ces objets de convoitise pour en faire saillir un cheval de basse taille. Désormais, la nouvelle culotte proposée sur le marché, aménagée avec ses coussinets amovibles, s’adresse à celles qui, dépourvues par la nature, pourront s’en mettre un, là ou elles n’ont rien ! Le « curve up » va parfaire le « push up». De bas en haut, la panoplie sera complète. Sans plus entrer dans les détails, la robe n’était plus ronde depuis ce dernier printemps et l’on peut soupçonner les faiseurs de frous-frous d’avoir prémédités leurs coups, laissant ainsi le vêtement de la porteuse d’airbag se raccourcir derrière pour se rallonger devant ! C’est en tout cas une des craintes envisageables. Toutefois les premières remontées d’informations laissent à penser que la situation n’est pas aussi disgracieuse que prévue, à condition de ne pas en mettre une double couche ! Comme nous vivons en pleine période d’égalité sexuelle, les hommes ne pouvaient échapper au phénomène de la gonflette. Mais pour eux, c’est de l’autre côté que ça se passe. Quelques chirurgiens esthétiques en sont verts de rage. Eux qui, depuis des années expliquent à grand renfort de communiqués, qu’ils peuvent en coupant les freins rallonger l’atout masculin, se voient flouer par le même engouement pour le vent. À l'avenir, ceux qui ne savent pas vivre sans apparence, pourront ainsi faire croire au dehors à une présentation de ce qui, au repos, est en dedans ! Quel romantisme pour ce couple enlacé, de vraies poupées gonflables, en chair en os. Enfin presque. Ce monde là est-il devenu fou ? En réalité rien n’est vraiment nouveau. Certes l’Histoire ne se répète pas, mais les hommes, eux, renouvellent ces mêmes gestes qui donnent lieu aux mêmes histoires de haine, de guerre, puis heureusement, de paix. Combien de luttes entre cités, de discussions sur les religions et leurs fondements, et finalement d’atrocités, sont apparues justifiées aux yeux de leurs auteurs ? Le temps leur a souvent donné tort. Les promesses politiques démagogiques sont vouées au même sort. Y compris, celles distillées par une gravure de mode qui se complaît à faire cambrer les sondages. Bien que les moyens aient changé, l’état d’esprit est resté semblable. Des hommes meurent encore aujourd’hui au nom de l’ordre, de la foi ou du droit. Les auteurs de ces crimes ont la mémoire courte. Ils oublient que ces valeurs sont relatives et qu’elles évoluent dans la durée. Certains n’ont pas encore remarqué que la nature s’adaptait aux nouvelles conditions climatiques tandis qu’ils poursuivent des chimères dans leurs errements stériles. Au fait, comment étaient dénommés, au XIXème siècle, les « curves up » d’aujourd’hui ? Les faux culs, je crois. On est en plein dans l’Histoire. Tout passe et tout revient. Gérard Gorrias Articles associés
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