A loccasion de la 29e édition de la Fête de la musique, Frédéric Mitterrand, ministre de la Culture et de la Communication, crée le Prix Barbara et le remet à la première lauréate : Carmen Maria Vega.

Barbara aurait 80 ans cette année. Auteure-compositeur-interprète, Barbara a marqué le public par son oeuvre poétique et sa personnalité incomparable. Elle demeurera un modèle pour la chanson française.

Pour lui rendre hommage, Frédéric Mitterrand, ministre de la Culture et de la Communication, a souhaité créer le Prix Barbara pour encourager et récompenser un ou une jeune artiste auteur/compositeur/interprète dont le talent sinscrit dans le sillage de Barbara.

La 1ère édition du Prix Barbara sest déroulée lundi 21 juin à 12h, en présence de Christine Lagarde, ministre de l'Economie, de l'Industrie et de l'Emploi et Frédéric Mitterrand, ministre de la Culture et de la Communication.

Le jury a désigné Carmen Maria Vega comme première lauréate du Prix Barbara, saluant ainsi une artiste pleine de caractère et un talent insolent.

Le jury de la 1ère édition du Prix Barbara était composé de :
- Camille Bazbaz, auteur-compositeur-interprète
- Marie-Paule Belle, chanteuse
- Gérard Daguerre, musicien et pianiste de Barbara
- Gérard Depardieu, acteur
- Liane Foly, chanteuse
- Richard Galliano, accordéoniste
- Emily Loizeau, auteur-compositeur-interprète
- Guesch Patti, chanteuse
- Martin Pénet, journaliste et historien
- Alexandre Tharaud, pianiste

Depuis deux ou trois ans, le nom de Carmen Maria Vega ne cesse de grandir dans les rubriques « à découvrir » et dans les conciliabules des professionnels : cette Carmen est un des personnages féminins les plus forts qui soit apparu depuis belle lurette dans la chanson française.
Entre chanson traditionnelle, fables punk, rock néo-réaliste et swing manouche, elle chante à la première personne des émotions musquées et des portraits acides dont on peine à croire quils ressemblent vraiment à cette guatémalto-lyonnaise brune comme la nuit et lumineuse comme la lame de rasoir.

Et, dailleurs, Carmen Maria Vega nest pas seule à être Carmen Maria Vega. Son nom détat-civil est aussi le nom dun groupe : elle au chant, Max Lavegie à la guitare, à lécriture et à la composition, Alain Arnaudet à la contrebasse et Toma Milteau à la batterie. « Depuis le début, on nous appelle « les Carmen », même quand on était un duo. » Il y a quatre ans, elle rencontre le guitariste Max, qui a été pendant plusieurs années ingénieur du son en Grande-Bretagne. Carmen et lui travaillent dabord un répertoire jazz pour se produire dans les clubs locaux. « Nous étions très mauvais. Comment faire My Funny Valentine sans être nuls ? Cest alors que Max a écrit "La Menteuse". »

La chanson, avec son swing jazz et son insolence dévastatrice, est un révélateur : Max lui développera un répertoire à ses couleurs. Et La Menteuse va lui servir détendard et de carte de visite. Le duo entre au Conservatoire de Lyon en classe de musiques actuelles, cursus qui comprend un passage sur scène dans un lieu réputé "A Thou Bout dChant". Carmen Maria Vega sy présente pour son premier concert, avec trois chansons et pas mal de trac : cette seule prestation leur amène une dizaine de concerts. Il faut travailler dans lurgence pour construire un répertoire et enchaîner les dates, un calendrier bien fourni rempli par le tourneur F2F Music. Lenregistrement dun album est sans cesse repoussé, le groupe se contentant de maxis à vendre lors des concerts, puisquils ont toujours une actualité sur scène avec plus de deux cents dates et une kyrielle de récompenses : le Chantier des Francos, le Fair, le off du Printemps de Bourges, deux prix au festival Chorus des Hauts-de-Seine et les deux en date et non des moindres : Les prix du public et du jury à « Alors Chante » à Montauban

Cest aussi en comédienne que Carmen a abordé la chanson : « Ma mère ma mise au cours de théâtre quand javais sept ans et pour moi la scène est évidente, alors que le studio est plus fastidieux. »
Résultat : Carmen Maria Vega est déjà le buzz n°1 de la chanson française quand, en 2008, Universal Publishing puis le label AZ prennent le relais de lexcellent label lyonnais des débuts, Gourmets Recordingz.
Lalbum est enregistré en deux sessions de dix jours de studio entre Bruxelles (au fameux ICP) et Paris sous la houlette de Max en compagnie de Vincent Carpentier, Fred Jaillard et Xavier Bussy, équipe de magiciens de lalbum "Comme un manouche sans guitare" de Thomas Dutronc. On y retrouve lénergie et la gouaille de Carmen Maria Vega sur scène : le quotidien des coeurs mal assortis, les vies conquises par lalcool, la cruauté de lépoque, les petites haines familières Elle aime ces histoires rudes, drôles, poignantes.