Communiqué de presse - Le Figaro vient de consacrer un cahier entier à la féminisation des mots remettant au grand jour un débat toujours dactualité. Dans le même temps, montaient les clameurs, provoquées par « le rôle positif de la présence française outre mer, notamment en Afrique du Nord ». Ces deux faits de société se doivent dêtre rapprochés. Lun et lautre appartiennent à laspect « présentéiste » de notre société.

La devise est inscrite au fronton du Panthéon et de certains monuments : « Au grands hommes, la patrie reconnaissante ». Par cette périphrase, lhumanité toute entière est visée, sans distinction de sexe. Vouloir déchiffrer ou trouver un anachronisme dans cette formule révélerait une mauvaise foi à laquelle aucun esprit ne saurait souscrire. Par contre, il semble que la démarche systématique qui vise à féminiser à tout prix certaines fonctions obéit à une différenciation de nature sexuelle. Pour certains - ou certaines - la valorisation de « la femme » passe par une espèce de suffixation parasitaire du vocabulaire. Dés lors, force est de constater que la société a besoin dartifices pour affirmer la fonction exercée par une femme. Il peut paraître quelque peu insolent pour les femmes que leur reconnaissance sociale tienne à ce simple ajout de lettres, parfois incohérentes et dont le bien fondé est difficile à apprécier. Inévitablement lexagération de ce féminisme au rabais sera battue en brèche dans le temps. Les bornes seront posées par les usages qui sinscriront dans la société qui en fera son histoire. Pas seulement lhistoire des mots mais aussi celle dune époque - la nôtre - où il fallait que tout repose sur la théorie de lapparence pour être juste et vrai. Et ce, au risque dêtre « linguistiquement incorrect » comme la signalé lacadémicien Maurice Druon.

Lévolution du vocabulaire est directement liée à la prise en considération des relations françaises avec le reste du monde et plus particulièrement avec les nations nouvellement indépendantes. Ainsi, dans le même esprit que pour lusage exclusif dune terminologie extérieurement adaptée aux femmes, le rôle de la France Outre Mer et en Afrique du Nord ne peut être qualifié de « positif » car il ne répond pas aux critères présents du « politiquement correct ».

Les censeurs de la démocratie ne se préoccupent plus du fondement de la loi. Ils en contestent son approbation. Il est vrai que certains députés avouent avoir voté le texte « par inadvertance ». Quelle désinvolture pour des représentants du peuple ! Les contestataires se réfugient derrière des mots : « la colonisation » dont il convient de faire lamalgame avec « esclavage » pour faire bon poids. Voire même pour crier haro sur lEtat qui les sert. Leur désappointement sappuie sur une colère qui est hors dâge. Les exigences du présent et la formulation médiatisée de leurs réclamations appartiennent au passé et obscurcissent immanquablement lavenir dune Nation. Pour être forte et solide demain, la Nation ne peut se contenter dune « Histoire réduite » au prétexte quun groupe dindividus, absents des événements évoqués, veut imposer son point de vue, au prix de démonstrations par trop violentes.

Personne ne peut contester un devoir de mémoire. Celui-ci doit englober tous les intervenants et il ne peut être question de ségrégation entre les uns ou les autres. Pas plus que les mots féminisés ne peuvent conforter le rôle des femmes, lexigence qui enjoint de revenir sur un texte légal ne peut modifier la réalité. De même, lusage abusif de la terminologie colonisation ou colon ne peut justifier lattitude de quelques intellectuels en mal de reconnaissance. Quelles que soient leurs raisons, celles-ci ne peuvent surpasser la raison de lHistoire écrite par des Hommes qui lont vécue de sangs et de larmes. Ceux là seulement savent trouver, avec leur cur, les mots justes de la réconciliation qui font vivre dans la paix. Deux noms féminins qui expriment bien le bonheur des Hommes !

Gérard Gorrias

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