Le non-port de la ceinture de sécurité fait encore trop de morts et de blessés très graves sur les routes, par négligence ou inconscience. Gilles de Robien, ministre de l'Equipement, des Transports, de l'Aménagement du Territoire, du Tourisme et de la Mer, et Rémy Heitz, délégué interministériel à la Sécurité routière, lancent aujourd'hui une grande campagne d'information et de communication nationale autour de la ceinture de sécurité à l'arrière. Comprendre et estimer les risques encourus est en effet le meilleur moyen de prendre conscience de ses responsabilités envers soi-même et envers les autres.

Rendu obligatoire depuis 1990, le port de la ceinture à l'arrière est encore loin d'être adopté par l'ensemble des Français. Les chiffres restent préoccupants :
En 2003, si 100% des usagers de voiture de tourisme avaient mis leur ceinture de sécurité le nombre total de tués aurait pu être réduit de 10 % soit 572 personnes (745 en 2002). D'après une enquête ASFA / La Prévention routière datant d'octobre 2004 effectuée sur le réseau autoroutier, 68 % seulement des passagers sont attachés à l'arrière alors qu'ils sont 97 % à être attachés à l'avant. Ce faible pourcentage est constant depuis 3 ans (70 % en 2002). Ce chiffre baisse à 51 % lorsqu'il s'agit de s'attacher à la place arrière centrale.
Trop de conducteurs et de passagers sont inconscients du danger lié au non-port de la ceinture à l'arrière et ne respectent pas cette règle de conduite.

Des préjugés faux et dangereux
Négligence ? Inconscience ? Trop d'idées reçues, fausses et dangereuses persistent sur cette règle auprès du grand public. N'étant pas à proximité immédiate du pare-brise, les passagers pensent être plus protégés en cas d'accident à l'arrière qu'à l'avant. Croyant que le siège avant les retiendra ou que leur poids les lestera, ils jugent, à tort, inutile de s'attacher à l'arrière. Ces idées reçues les confortent ainsi dans cette pratique qui en cas de choc même à petite vitesse peut être mortelle ou les laisser lourdement handicapés.

Un danger bien réel
Les passagers arrière non attachés mettent leur vie et celle des autres en danger de mort :
- Ils risquent l'éjection du véhicule au même titre que les passagers avant : par le pare-brise avant, le pare-brise arrière ou les ouvertures latérales.
- Le siège avant, bien loin de les protéger se transforme en mur de béton sur lequel ils viennent s'écraser.
- Enfin, le passager non ceinturé présente un danger pour le conducteur et le passager à l'avant du véhicule. Dans un choc frontal, à 70 km/h, un adulte de 60 kg se transforme en projectile de 1,8 tonne ! Sans ceinture, le corps du passager arrière risque d'être projeté contre celui du passager avant et de le tuer ou le blesser gravement.

Des conducteurs responsables
Chaque année, les accidents de la route font encore de nombreuses victimes parmi les enfants et adolescents : sur autoroute, seulement 77 % des enfants de moins de 10 ans sont attachés et parmi ces 77 % la moitié d'entre eux ne le sont pas correctement. Or, dans le cas spécifique de la ceinture de sécurité à l'arrière, les conducteurs sont responsables de la sécurité des enfants et des adolescents. En cas d'accident, cette responsabilité est lourde à supporter. Depuis 1990, le conducteur est responsable du port de la ceinture de sécurité ou d'un moyen de retenue adapté pour tous ses passagers âgés de moins de 13 ans. Un décret est en cours de signature pour étendre cette responsabilité du conducteur pour tous les passagers mineurs, mesure décidée lors du CISR du 24 janvier 2005.

Une campagne pour expliciter les risques
Une nouvelle campagne de communication vient rappeler à tous que ce geste est loin d'être un accessoire optionnel dont on peut se dispenser. TV, radio, affichage, Internet tous les moyens sont mobilisés par la Sécurité routière pour convaincre l'ensemble des usagers de la route qu'attacher la ceinture à l'arrière est vital.

Diffusé sur les principales chaînes hertziennes et du câble du 25 mars au 14 avril 2005, le film publicitaire inaugure un nouveau mode de communication, participatif et impliquant le public. Il propose une interactivité nouvelle : il ne s'agit plus seulement de réaliser une lecture " pré expliquée " de l'infraction mais bien davantage de faire réfléchir le spectateur qui est aussi un conducteur, de l'inciter à identifier lui-même le risque et à rechercher la solution.
Sur les ondes du 4 au 24 avril, la campagne radio viendra contrer un certain nombre d'idées reçues liées au port de la ceinture de sécurité à l'arrière. Un premier message s'attaque ainsi au sentiment - largement partagé - d'être protégé par le siège avant en cas de choc ; un deuxième message évoque les conséquences réelles d'un accident pour un passager arrière non attaché : on ne meurt pas toujours écrasé contre le tableau de bord ou l'un des sièges avant, mais on est souvent éjecté à l'extérieur de la voiture ; enfin, le troisième et dernier message radio évoque la mort d'un enfant dont la ceinture n'était pas attachée.

Deux affiches seront par ailleurs diffusées dans le cadre de cette nouvelle campagne.
La première révèle comment un siège avant peut devenir, pour les passagers arrière non ceinturés, un véritable " mur de briques " en cas de choc. La seconde, plus spécifiquement destinée aux jeunes, montre l'impact laissé par une tomate sur le siège avant d'une voiture et travaille sur l'analogie entre le jus de cette tomate écrasée et le sang.

Enfin, Internet viendra compléter la campagne média à travers des bannières et une rubrique événementielle spécifique, reprenant des informations sur l'accidentologie, les risques et les conséquences traumatologiques liés au non-port de la ceinture à l'arrière.

Des partenaires sur le terrain
Les fédérations de parents d'élèves, la FCPE et la PEEP, iront à la rencontre des enfants et de leurs parents tout au long du mois d'avril afin d'échanger avec eux, de les sensibiliser sur les risques liés au non-port de la ceinture et répondre à toutes leurs questions. Vinci park, Europcar et BP relayeront également la campagne auprès des usagers sur les différents sites. Dès le 24 mars, 26 parkings de Vinci Park en France feront l'objet d'un habillage événementiel (adhésivage des portes, caisses, guichets, barrières et bornes de sortie, autocollants au sol), avec des messages de prévention.