Le groupe pétrolier français a établi en 2004 un nouveau record de bénéfices pour une entreprise hexagonale. Un succès dû notamment à la flambée des prix du pétrole. Les actionnaires sont choyés avec un dividende en hausse de 15%.
 
2004 marque une nouvelle année record pour Total qui publiait ses résultats annuels ce jeudi. Avec 9,04 milliards deuros de bénéfices net pour un chiffre daffaires de 122,7 milliards (+17%) en 2004, Total pulvérise non seulement ceux de ses exercices précédents (avec une hausse de 23 % par rapport à 2003) mais améliore également le record de profits pour une entreprise française, qu'il détenait déjà.

Cette performance doit bien sûr être relativisée à la lumière de celles de ses concurrents internationaux. Car exprimé en billets verts, le bénéfice de 11,2 milliards de dollars de Total reste encore bien loin des 25,3 milliards de dollars de laméricain Exxon Mobil, des 18,5 milliards du Néerlandais Shell ou les 16,2 milliards du britannique BP. Cela dit, le groupe français n'a pas à rougir de sa rentabilité nette car tous ces géants ont des chiffres d'affaires près de deux fois supérieurs (265 milliards de dollars pour Shell et 298 milliards pour Exxon Mobile).

Le PDG de Total ne sest donc pas privé dafficher sa satisfaction. Pour Thierry Desmarest, ce succès est le fruit dune « conjonction dun prix du pétrole brut très élevé (38,3 dollars en moyenne le baril de Brent, soit +33% sur 2004, ndlr), dune hausse marquée des marges de raffinage et du rebond, au deuxième semestre, des marges pétrochimiques.» En dépit aussi dune fiscalité moyenne plus forte en 2004 quen 2003 et d'un taux de change défavorable à lentreprise française. Lavenir semble prometteur au PDG du groupe qui table sur une demande encore « vigoureuse » en 2005 même si peu être moins soutenue. Le prix du brut devrait rester encore assez élevé selon Thierry Desmarest même si lui même nest « pas partisan dune hausse trop forte des prix du pétrole ». Il ne « faut pas forcer trop vite les substitutions dusage du pétrole » en recourant à dautres énergies, sest-il justifié.  Avec un portefeuille de gisement de gaz et de pétrole bien réparti dans le monde, Total est rassuré quant à sa production. Lentreprise table sur des réserves prouvées et probables dune durée de vie dau moins 20 ans, au rythme actuel de la production.

Fort de ses résultats records, le groupe va fortement accroître ses investissements, à hauteur de 12 milliards de dollars en 2005 contre 9,5 milliards en 2004. Essentiellement pour des projets dexploitation-production (70%), notamment en Russie et Moyen Orient, mais aussi de raffinage (20%) puisque la demande se porte de plus en plus sur des produits « légers ». Le groupe va aussi choyer ses actionnaires. Total a prévu d'augmenter son dividende au titre de 2004 de 15%, à 5,40 euros par action. Soit un total de 3,4 milliards d'euros. Les 47.000 salariés actionnaires (sur 110.000), qui détiennent 3,4% du capital, toucheront donc leur part. Quant aux autres, ils devront se "contenter" de l'intéressement et de la participation, qui représentait en 2003 une enveloppe de 8% de la masse salariale, soit une moyenne de 4500 euros par salarié.