Le Comité F.L.A.C Marseille appelle à protester contre linstallation darènes dans le cadre de la Fiesta des Suds et contre la capea qui doit sy dérouler du jeudi 20 au samedi 22 octobre 2005, en présence de toreros professionnels et « des jeunes pousses des écoles taurines (voir la lettre ouverte au maire en pièce jointe.)

Présence symbolique et pacifique le samedi 22 octobre à partir de 18 h 30 devant lentrée principale de la Fiesta des Suds, extrémité nord du boulevard de Paris, Marseille 2e arrondissement.

 

Lettre ouverte à Monsieur Jean-Claude Gaudin Sénateur-Maire de Marseille

                                                                            Marseille, le 12 octobre 2005

Monsieur le sénateur-maire,

Lors de la Fiesta des Suds 2005 qui se déroulera au Dock des Suds des 20 au 21 octobre prochains, doit être organisé un spectacle de capea du jeudi 20 au samedi 22 octobre, en présence de toreros professionnels et « des jeunes pousses des écoles taurines », dans des arènes démontables installées boulevard de Paris, là où il y a plus de 40 ans se terminait, par manque de public, la lamentable histoire de la corrida à Marseille, suite de péripéties et dinterdictions municipales.

Nous vous demandons dinterdire ce spectacle de tauromachie espagnole quest la capea.

Nous vous rappelons que la corrida est illégale en France à lexception des villes pouvant invoquer une tradition locale ininterrompue (article 521-1  du Code Pénal.)

Une telle tradition nexiste pas à Marseille.

En autorisant des spectacles tauromachiques qui ont pour but principal de créer une fausse tradition, comme cela sest récemment produit dans la région toulousaine (Fenouillet / Rieumes) et dans lAude à Carcassonne, vous vous rendriez complice dune tentative de réintroduction de la corrida à Marseille, voire, selon la nature précise de ces spectacles évolutifs, complice de sévices graves et dactes de cruauté sur animal, sanctionnés par larticle précité.

Outre votre responsabilité délu, cest aussi la réputation de notre ville que vous engageriez ainsi.

Limage de Marseille ne pourrait en effet quêtre ternie : la corrida, pratique barbare déjà anachronique, moralement et légalement condamnée dès son introduction en France il y a 150 ans, est aujourdhui réprouvée par la grande majorité des français et, de plus en plus, y compris dans les villes taurines.

Vous nignorez pas non plus la proposition de loi déposée en juin 2003 par la députée des Alpes-Maritimes Madame Muriel Marland-Militello (UMP) qui demande la modification de larticle 521-1  du Code Pénal, cest-à-dire la suppression de lexception introduite par la loi du 24 avril 1951 afin de revenir à linterdiction totale de la corrida.

Laisser le champ libre à la tauromachie constituerait aussi un handicap certain pour la candidature de Marseille au titre de Capitale européenne de la Culture en 2013. La plupart des pays européens condamnent la corrida. Gageons et nous y contribuerons si nécessaire quils feront la distinction entre la nécessité de défendre la diversité culturelle dune part (aux niveaux européen et mondial : lUNESCO plutôt que lOMC !), et, dautre part, la caution dont bénéficierait alors la corrida par le choix de Marseille.

En juin 1999, lors dune précédente tentative des tauromaniaques, vous aviez eu la sagesse de linterdire, et évidemment, nous nous en étions fait lécho. Nous manifestions ainsi en septembre de la même année pour dire à la fois notre satisfaction et notre vigilance.

Il nest pas anecdotique de rappeler que ce fut là la dernière action publique du professeur Théodore Monod. Un an avant sa disparition, à 98 ans, il était venu, avec dautres personnalités, soutenir lopposition des Marseillais à la corrida et en illustrer lenjeu éthique par sa présence, témoignage dune vie dengagement cohérent pour tant de nobles causes, humaines et animales.

Aujourdhui plus quhier nous ne manquerons pas de médiatiser votre réponse ; dautant que cette actualité estampillée Fiesta des Suds survient dans le contexte dun projet sournois.

En effet, Toros Méditerranée, se présentant comme une association, diffuse discrètement depuis 6 mois un appel pour la construction darènes à Marseille et prétend que ce projet culturel permettrait, outre des spectacles taurins, de multiples événements culturels et sportifs.

Il sagit en fait dun club taurin Paul Ricard regroupant quelques aficionados (dont certains liés à Latinissimo, organisatrice de la Fiesta des Suds) qui milite depuis quelques années pour lorganisation de corridas et dune feria à Marseille, avec laide notamment daficionados dArles.

Enfin, au delà de lenjeu marseillais, cest au sénateur que nous nous adressons.

Le fossé entre les citoyens et les élus est profond et il continue de se creuser : défiance, corporatisme, repli communautaire ou égoïste dun côté, politiques à courte vue, électoralisme voire populisme et corruption de lautre. Les valeurs républicaines sont dégradées, un cercle vicieux sinstalle.

Pour le rompre il ne suffit pas dun lifting de Marianne.

Il faut avoir du courage politique et en appeler, aussi bien en direction de la société civile que de la classe politique, à la lucidité, à la responsabilité et au souci du bien commun.

Dautant quà cette crise politique et sociale sajoute une crise écologique qui va durablement saggraver et nécessiter des changements rapides et importants de mode de vie.

En ce qui nous concerne, dune argumentation éthique et philosophique qui prime largument de lopinion majoritaire, (ce dernier ne pouvant être que secondaire dans une démocratie évoluée où la reconnaissance et lexpression des minorités doivent être effectives), nous retiendrons ceci :

  • La corrida est une grave banalisation voire valorisation implicite, de la violence promue par le groupe auprès des enfants et des adolescents, en tant que spectateurs et, plus encore, en tant quacteurs dans les école taurines. Là, sous linfluence coupable dadultes passionnés et/ou intéressés, la cruauté est, chez lélève, plus ou moins niée, refoulée par lapprentissage de gestes techniques, lémulation, le désir de reconnaissance, le souci dêtre courageux (le viril en avoir) et, souvent, le souvenir cuisant des coups et blessures reçus des erales (taurillons) considérés exclusivement sous langle de leur dangerosité dabord et ensuite de leur contribution involontaire à lesthétique des faenas.

Combien de taurillons agonisent sous les banderilles et les estocades affreusement répétées et forcément maladroites ? Cette étape nécessaire à la formation du jeune torero est bien cachée du public, alors que létape précédente, celle du travail sur le careton (substitut artificiel : tête de taureau sur roue, déplacée par un camarade) est en revanche volontiers exhibée.

Peut-on raisonnablement exclure que des personnes en cours de structuration psychique soient traumatisées, peu ou prou, acteurs ou témoins, par une telle violence. Il y a aussi indéniablement, pour la société, le risque à retardement que le libre arbitre de ces personnes soit annihilé au profit de la violence du groupe, surtout lors dévénements collectifs mouvementés et confus.

Notons au passage que le sort horrible de ces jeunes animaux derrière les murs des écoles taurines est passé sous silence quand est brandi largument pro-corrida, déjà fallacieux,  relatif au taureau adulte de la corrida formelle, consistant à invoquer sa « belle vie » durant 4 ans au campo avant que de « mourir glorieusement  au combat. »

  • Les bovins et les toros bravos en sont, quelle que soit la spécificité de leur élevage et de leur sélection génétique et comportementale ne parlent pas, ne votent pas, mais depuis des milliers dannées et de moissons diverses, ils tirent la charrue de lhumanité (et encore au sens propre dans quelques pays en voie de développement.)

Létymologie nous le rappelle : domestiques, ils sont de la maison et méritent  gratitude et confort plutôt que dêtre rendus fous, que ce soit par lE.S.B. (encéphalopathie spongiforme bovine) ou, plus volontairement, par les « olé. »

De plus, lhorreur des abattoirs et des sombres élevages concentrationnaires ne doit pas servir de repoussoir à la violence en alibi de lumière, surtout de la part de non végétariens.

  • La corrida doit être abolie pour ce quelle est en réalité, derrière le mensonge tauromachique, et pour ce quelle symbolise : lassujettissement de lAutre à son désir de puissance, la vanité et lirresponsabilité délétères dans un monde désormais fragile ; un monde où lhumanité en tout cas son modèle occidental moderne devenu quasi universel doit cesser daffirmer sa maîtrise sur la nature et le vivant et se poser la question essentielle des limites à cette maîtrise.

Pour lheure, il faut tout mette en uvre pour empêcher

la réintroduction de la corrida à Marseille.

Dans lespoir que vous déciderez dans ce sens, veuillez agréer, Monsieur le sénateur-maire, lexpression de notre considération distinguée.

 Pour le Comité F.L.A.C Marseille

Alain Camisuli

Contact :

Comité F.L.A.C

MARSEILLE / BOUCHES-DU-RHONE

BP 43
13908 MARSEILLE Cedex 20 

Délégué : Alain CAMISULI 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 



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