"Rassemblons-nous : et nous gagnerons ! "

Il y a un an, le 29 mai, notre peuple a opposé un « non » franc et massif au projet de traité constitutionnel européen. A tous ceux, de droite comme de gauche, qui soutenaient que ce texte était « le meilleur compromis possible », il a clairement répondu que ce qui nétait plus possible, cétait le libéralisme échevelé quon voulait ainsi lui imposer pour longtemps : concurrence à tout va, baisse du « coût du travail », casse des services publics, démantèlement des systèmes de retraites et de sécurité sociale, privatisations, délocalisations, mise en cause des libertés, guerre contre les pauvres, les jeunes, les étrangers, etc.

Droit dans ses bottes, le gouvernement Chirac-Sarkozy-de Villepin na tenu aucun compte de ce vote. Il refuse toujours de retirer la signature de la France du traité européen. Il manuvre à Bruxelles pour faire rentrer la directive Bolkestein par la fenêtre. Et il poursuit de plus belle sa politique ultralibérale. Il a fallu de nouveau une mobilisation exceptionnelle de la jeunesse et des salariés, il y a quelques semaines, pour arracher le retrait du CPE et imposer un coup darrêt à la précarisation généralisée du travail que réclament la droite et le Medef.

Cette droite est dangereuse. Butant sur la résistance populaire, elle cherche à se refaire une santé en courant après lélectorat de Le Pen.

Avec la loi CESEDA, elle sattaque de front aux droits élémentaires des étrangers vivant dans notre pays : droit dasile, regroupement familial, mariage, liberté de circulation Elle sen prend même aux enfants scolarisés qui seront « expulsables » avec leur familles dici quelques semaines, dès la fin de lannée scolaire ! Elle attise toutes les tensions mais fait de la sécurité un thème de propagande électorale.

Elle amnistie ses amis mais condamne et met en prison des jeunes qui ont lutté contre le CPE.

Il y a danger. Si la droite lemportait en 2007, elle entraînerait notre pays dans une fuite en avant aux conséquences imprévisibles. Il faut larrêter par les luttes. Il faut la battre dans les urnes afin de constituer une majorité et un gouvernement de gauche. Et pour cela, il est indispensable que la gauche soit au rendez-vous. Trois fois elle a gouverné, et trois fois elle a déçu, provoquant le retour dune droite plus dure encore. Cette fois-ci, elle ne doit pas recommencer ce qui la mené à léchec, mais avoir le courage de proposer une politique vraiment à gauche. Elle doit sattaquer aux puissants intérêts des multinationales et de la finance. Elle doit se donner, aux plans national, européen et international, les moyens politiques, financiers et démocratiques de réussir.

Aujourdhui, un an après le 29 mai, le compte ny est pas. La gauche est divisée. Le Parti socialiste est enlisé dans les querelles sans fin de ses « présidentiables ». La catastrophe du 21 avril 2002 pourrait se reproduire. Cest pourquoi jai lancé il y a quelques semaines un appel pour que se rassemblent toutes les forces antilibérales, à commencer par celles qui ont permis la victoire du « non ». Cet appel a rencontré dautres initiatives. De nombreuses forces et personnalités, dont le Parti communiste, ont décidé de travailler à développer dans tout le pays une dynamique populaire et citoyenne. Partout, nous avons décidé de créer des comités dunion populaire pour construire un projet politique antilibéral, et le porter ensemble devant le suffrage universel par des candidatures unitaires aux élections présidentielles et législatives.

Nous devons réussir. Divisés, nous ne pourrons que nous compter.

Ensemble, nous pouvons faire naître à gauche une dynamique capable de changer la donne. Lattente est immense dans notre peuple dune véritable alternative au libéralisme. Elle est majoritaire à gauche.

Rassemblons-nous : et nous gagnerons !

Marie-George Buffet, Secrétaire nationale du PCF