COMMUNIQUÉ DE PRESSE DES VERTS DU 2 SEPTEMBRE 2005 - Ce matin, les forces de Police sont entrées dans des immeubles situés au 4 rue de la fraternité dans le 19ème arrondissement et au 26 rue de la Tombe Issoire dans le 14ème arrondissement de Paris pour expulser plusieurs dizaines de familles de résidents Africains.

Menées au nom du respect de la propriété privée, contre des « occupants sans droits ni titre » selon la Préfecture de Police, et de l'impératif de sécurité, ces expulsions ne sont pas autre chose qu'une cynique gesticulation médiatique.

Ces expulsions, faites le jour - heureuse coïncidence pour Nicolas Sarkozy - de la rentrée des classes et de l'ouverture des Universités d'été de l'UMP, ne représentent en aucune manière une issue permettant aux familles d'être relogées décemment et durablement : elles se trouvent aujourd'hui dans des hôtels de passage dans lesquels aucune vie de famille n'est possible alors même que leurs enfants s'apprêtaient à faire leur rentrée.

Pour certaines familles, c'est le cycle infernal des difficultés administratives qui va se poursuivre. Sans logis, mais aussi sans papiers, elles ne peuvent pas en l'état bénéficier d'un accès au logement, certes tout théorique. Le ministère de l'intérieur, en bloquant les régularisations, applique une double peine.

Après quelques jours dans des hôtels, les familles seront confrontées à la même situation. La politique du gouvernement est aujourd'hui le fruit d'une surenchère médiatique entre le Premier ministre et le ministre de l'Intérieur. Face à la crise du logement, la politique gouvernementale est faite de mesures inappropriées, à l'instar de l'élargissement du prêt à taux zero aux ménages gagnant entre 4000 et 7000 euros par mois dans les zones urbaines ou la proposition de construire du logement à loyer modéré dans les terrains des Batignolles, et d'oublis comme celui des ordonnances contre le logement insalubre, et d'opérations coups de poing.

Les Verts dénoncent cette politique inhumaine, de mise à l'index de familles d'origine africaine, contre laquelle ils resteront mobilisés comme ce fut le cas ce matin avec la présence de nombreux élus Verts s'apposant physiquement aux expulsions. Les Verts rappellent que, face à la crise, les dispositifs d'urgence ne suffiront pas et que seule l'application de la loi de réquisition, qui concerne 40000 logements à Paris, serait un premier pas significatif.

Les Verts appellent dans cet esprit avec d'autres organisations à une manifestation, samedi après-midi, à 15h30 au métro Quai de la Gare.

Les Verts Sergio Coronado, Porte-parole