Communiqué de presse, le 16 Octobre 2019 - Le rapport parlementaire déposé par la Commission des affaires sociales de l'Assemblée Nationale sur l'organisation de la santé mentale, publié il y a quelques jours, a fait le constat de la « situation catastrophique » de la psychiatrie en France.

La Commission des citoyens pour les droits de l'homme, association luttant contre les abus psychiatriques, si elle est d'accord sur ce constat, ne fait pas la même analyse des causes de cette situation.

LA question fondamentale à poser, avant même celle du budget, est la question des méthodes employées pour traiter les patients.

1/ Recours massif, généralisé, quasi automatique aux psychotropes qui masquent les symptômes sans régler les causes, avec des effets secondaires tragiques dont une dépendance à vie aux médicaments. 

Selon les statistiques de la Sécurité Sociale, près de 400 millions de boîtes de psychotropes (antidépresseurs, anxiolytiques, psychostimulants, hypnotiques, tranquillisants et stabilisateurs de l'humeur) ont été remboursées en 2018.  

2/ Recours très largement excessif et courant à des mesures de privation de liberté : isolement et contention, c'est à dire des jours, des semaines, et dans de nombreux cas des mois à ne pas pouvoir communiquer avec l'extérieur et/ou à ne pas pouvoir bouger (attaché sur un lit). Ces abus scandaleux et répétés sont en train d'être documentés avec précision par notre association grâce à l'étude des registres de ces mesures que les établissements psychiatriques doivent, avec de nombreuses réticences, tenir et communiquer à qui en fait la demande.

L'hôpital Henri Guérin à Pierrefeu-du-Var en est un exemple scandaleux. Selon le registre de cet établissement, un patient aurait subi 343 jours d'isolement, un autre 331 jours, un autre 317 jours, un autre 313 jours etc. Les mesures de contention dans cet hôpital peuvent durer jusqu'à 225 jours… Comment peut-on laisser faire ?  

3/ D'après de nombreux témoignages, recours à des menaces en cas de refus de traitement, internements arbitraires. Le monde de la psychiatrie est décrit par de nombreuses victimes comme une machine à broyer les individus, les entraînant dans une spirale dont il est quasi impossible de sortir.

4/ Recours à l'électricité pour « soigner » des patients : 25.000 séances d'électrochocs (sismothérapie) sont pratiquées en France et remboursées par l'Assurance maladie selon les propres chiffres que cette administration refusait de nous communiquer.

L'argument selon lequel le manque de moyens serait la cause de toute cette violence et de ces mauvais traitements ne tient pas. 

Attribuer toujours plus de moyens pour de telles méthodes ne résout pas le problème, tant que les traitements inhumains et dégradants de la psychiatrie ne seront pas abolis. 

La CCDH appelle à une stricte application de la loi et des recommandations de la Haute Autorité de Santé concernant la contention, et une interdiction de cette « thérapie » de l'électrochoc.

Ce sont des exemples de mesures immédiates et peu coûteuses qui pourraient déjà être prises. Il y en a beaucoup d'autres à prendre pour le respect effectif des droits de l'homme en psychiatrie, et pour assurer les libertés fondamentales auxquelles tout être humain, handicapé ou non, malade ou non, devrait avoir droit.



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