Communiqué de presse - Comme tous les agents travaillant à l'hôpital, les personnels infirmiers subissent de plein fouet la politique des plans d'économies, le manque d'effectifs, l'aggravation des conditions de travail et de la vie de famille, la dégradation de la qualité des soins, la non revalorisation des salaires,...

Voici ce que dit une infirmière: « dans ma journée, j'ai fait tout ce qui est soins techniques mais le relationnel et tout ce qui va avec, je ne l'ai pas fait et cela me manque dans mon travail d'infirmière et c'est en cela que je suis frustrée et pas satisfaite dans mon travail ; il y a une robotisation de notre métier. Tout vient du manque de personnel et on nous demande de faire du chiffre, de la rentabilité et de l'activité ; il faut faire sortir les malades le plus tôt possible pour en admettre d'autres. Cela nous épuise moralement et physiquement, on n'arrive plus à récupérer. Ne pas faire correctement son métier d'infirmière, c'est terrible. Personne ne se rend compte de notre travail ; si ça continue à tourner, c'est grâce à nous ; on tient, on tient mais jusqu'à quand ?... Est-ce qu'ils se rendent compte de ce que nous vivons et de ce que subissent les malades ? ».

 

Pour répondre à la situation catastrophique que vivent dans leur vie professionnelle les personnels infirmiers, certains expliquent aujourd'hui que le moyen de reconnaître la profession, ce serait « l'intégration des formations paramédicales dans le système Licence Master Doctorat (LMD)  et le rattachement des IFSI à une université ». Rappelons que cette proposition LMD est une revendication de l'Union européenne (accords de Bologne de 1999 ratifiés en avril 2002 par la France).

Comment devient-on Infirmier aujourd'hui ?


A ce jour, la formation des futures IDE est effectuée dans des IFSI. Les IFSI ont l'agrément du Ministère de la santé, se trouvent à l'intérieur des hôpitaux et sous la tutelle d'un Centre Hospitalier Universitaire. On y accède par concours avec le Bac ou par promotion professionnelle pour les AS ayant 3 ans d'exercice.

La formation infirmière existe à partir d'un programme (anatomie, physiologie, psychiatrie, connaissance de l'homme sain, connaissance des pathologies, des traitements, des soins infirmiers,...) qui intègre de manière adaptée l'ensemble des connaissances médicales et en sciences humaines nécessaires à l'analyse de chacune des situations singulières de soins qu'ils vont rencontrer dans leur vie professionnelle. Cette formation théorique est couplée avec un nombre équivalent d'heures de stage en service hospitalier où l'étudiant sera encadré.

Cette formation théorique et pratique donne lieu à un Diplôme d'Etat Infirmier, reconnu sur l'ensemble du territoire national, rémunéré selon les mêmes grilles de la Fonction publique hospitalière. Ils ont donc la même formation, le même déroulement de carrière, les mêmes garanties statutaires et salariales.

Ils peuvent accéder aux spécialisations avec une formation complémentaire le plus souvent prise en charge dans le cadre de la promotion professionnelle par l'employeur : IADE (2 ans), IBODE (1an), Puéricultrice (1 an), Cadre de santé (1 an).


Demain avec LMD, qu'est-ce qui va changer ?

Les équivalences avec les professions actuelles seraient DEI = Licence (3 ans), IADE,IBODE, Cadre de santé...= Master (5ans) et Direction Soins Infirmiers = Doctorat (8ans).

E « il ne faudra plus raisonner en années d'études mais en crédits obtenus  (crédits d'heures sous forme de modules) appelés ECTS (European Credit Transfer System). Le changement pédagogique, c'est l'organisation des formations en semestres et unités d'enseignement (UE) et une prise en compte du travail personnel grâce aux ECTS. Chaque semestre vaut 30 crédits ECTS, la licence en vaut donc 180 et le Master 120.

Ainsi une infirmière pour devenir IBODE avec LMD devra valider 120 crédits ECTS soit 2 ans supplémentaires après l'obtention du D.E.Infirmier dans le meilleur des cas au lieu d'un an actuellement.

E Les crédits représentent un volume d'heures, de cours, de travaux dirigés (TD), de travaux pratiques (TP), de travail personnel. Ils peuvent aussi valider un stage, une expérience associative, un séjour à l'étranger, une mission humanitaire,... et «  toutes ces connaissances et ces expériences acquises en s'additionnant valent un diplôme ».

 

Vous pourrez par exemple, en attendant d'obtenir votre ECTS cardiologie, galérer comme faisant fonction dans les services de soins en attendant des années pour capitaliser l'ECTS  qui vous manque pour avoir un diplôme reconnu, avec des périodes de travail sous-payé et des périodes de formation qui pourraient être à votre charge.

C'en est fini de la formation initiale et théorique identique dans toutes les IFSI ouvrant droit à un diplôme d'Etat reconnu nationalement. Ce qui est proposé, c'est la formation « tout au long de la vie » voulue par la commission européenne. (communication du 10 novembre 2005) et le développement des emplois sous-qualifiés.

La promotion professionnelle disparaitrait au profit d'une pseudo-formation sur le tas appelée VAE (Validation des Acquis et de l'Expérience) comme cela se fait actuellement avec les AS qui ont seulement 70 heures d'enseignement théorique et qui doivent valider 8 modules par leur expérience et leur savoir faire pour obtenir leur diplôme d'aide-soignant. Ainsi, sur 1250 candidats qui se sont présentés devant le jury de la DRASS d'Ile-de-France pour les sessions de mars 2006, juillet 2006 et janvier 2007, seuls 28% ont validé les 8 modules et 57% ont validé de 1 à 7 modules.

E L'enseignement serait mutualisé avec des cours en commun avec d'autres disciplines  (médecine, kiné, ...sociologie de sciences humaines). Ni l'anatomie-pathologie, ni les sciences humaines, ni la législation ne peuvent être enseignées de la même façon au médecin, à l'infirmier, au kiné,... Il n'y a pas d'enseignements communs aux différentes professions de santé d'où l'existence des écoles spécialisées.

Avec des enseignements mutualisés avec d'autres professions de santé qui ne sont pas confrontées aux mêmes problèmes de santé que les infirmiers, quelle formation peut-on attendre ? Ne s'agit-il pas plutôt comme le déclare MR Xavier Bertrand, de mettre en place les transferts de compétences vers les paramédicaux et la polyvalence ? de faire émerger des « nouveaux métiers »... dans l'objectif de diminuer les coûts salariaux.

E Dans le système LMD, les universités sont libres de construire leur programme de formation et tous les 4 ans, l'Etat évalue pour l'agrément à délivrer les diplômes universitaires. (dixit le Ministère de la Santé et la Direction Générale de l'enseignement supérieur)

Alors qu'aujourd'hui, les IFSI reçoivent l'agrément du Ministère de la Santé via les DRASS,... dépendent de l'hôpital où ils sont implantés et les équipes d'enseignants et les personnels administratifs relèvent du Statut de la Fonction Publique Hospitalière. Combien d'IFSI seront fermés demain avec « l'universitarisation des études d'infirmières » ?

u     Le programme de formation initiale et théorique est actuellement le même dans toutes les IFSI.

Demain, il pourrait y avoir des programmes différents selon la convention passée entre l'IFSI et l'université.

On vient d'apprendre dans un communiqué de presse de MEDICA en date du 9 mars 2007 la création d'un diplôme universitaire MEDICA « Animation pour personnes âgées » en partenariat avec l'université Claude Bernard Lyon. MEDICA assurera le financement de la formation,... MEDICA est un acteur majeur du marché français de la prise en charge de la dépendance temporaire et pérenne. Le groupe offre une capacité d'accueil de 9824 lits répartie dans 82 EHPAD et 32 SSR. Le groupe MEDICA a réalisé en 2005 un chiffre d'affaires de 270 millions d'euros... Quelle valeur nationale pourrait avoir un tel diplôme ?  

 

Avec LMD n'est-ce pas la mise en place de diplômes « maison » en lieu et place des diplômes reconnus nationalement dans le cadre du Statut ?

La vraie reconnaissance de la profession infirmière

comme celle de toutes les autres catégories passe par une revalorisation indiciaire et la défense de notre statut

                                                                                                                                                        

 A suivre...

  • Revalorisation salariale en catégorie A et maintien du droit à la retraite à 55 ans.
  • Reconnaissance du DE à Bac + 3. Equivalence niveau Licence du DE Infirmier et de tous les DE paramédicaux.
  • Maintien des Diplômes d'Etat spécifiques délivrés par le Ministère de la Santé. Non à la polyvalence.
  • Maintien des formations initiales et des programmes nationaux d'enseignement sous la responsabilité du Ministère de la Santé.
  • Maintien des IFSI et de tous les postes « enseignants et administratifs » sous la responsabilité des hôpitaux.  Réouverture des IFSI fermées.
  • Abrogation des quotas imposés aux IFSI (Sur 7354 jeunes qui se sont présentés le 15 mars 2007 au concours d'entrée aux IFSI de l'AP-HP, seuls 2860 seront retenus)
  • Maintien de la promotion professionnelle

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