Paris le 10 mai 2005

Communiqué de presse

Nord - Pas.de.Calais : Alors que les antidépresseurs sont sur la sellette au niveau national, les statistiques de la Caisse nationale d'Assurance maladie montrent une forte consommation de psychotropes dans la région Nord - Pas-de-Calais.

La Caisse Nationale d'Assurance maladie a publié dans la Revue Médicale de l'Assurance Maladie (2003), une étude sur la consommation de médicaments psychotropes, établissant une comparaison entre régions et dans laquelle sont également donnés les chiffres de la consommation par départements.

La Commission des Citoyens pour les Droits de l'Homme a analysé cette étude qui bien que réalisée sur les chiffres de 2000, semble néanmoins être la plus complète sur le sujet.

Il est possible de révéler que dans la région Nord - Pas de Calais, 27,2% des personnes reçoivent dans l'année au moins une prescription de psychotropes (anxiolytiques, antidépresseurs, neuroleptiques, hypnotiques). La moyenne nationale régionale (22 régions comptabilisées) est de 25,5% soit donc un taux régional supérieur. Les chiffres dans le département du Nord (27,2%) sont à peu près identiques à ceux du Pas de Calais (27,3%), ce qui fait de la région une zone de forte consommation de psychotropes. Elle se place en troisième position derrère le Limousin (28,2%) et la Corse (27,3%). Et cela ne s'explique pas par l'âge de la population puisque pour pouvoir effectuer des comparaisons, la population a été standardisée (à population d'âge et de sexe identiques).

Si la consommation est particulièrement forte pour les anxiolytiques avec 18.9% des patients qui se voient prescrire un tranquillisant contre 18,3% au plan national, la différence est encore plus marquée pour les somnifères avec un taux de prescription de 11,6% contre 9,1 % au plan national.

A titre de comparaison, en Alsace, seulement 22,6% de la population reçoit une prescription de psychotropes dans l'année, avec 15,9% d'anxiolytiques et 8,3% de somnifères. Il est également bon de rappeler que "la consommation de psychotropes des Français est de deux à trois fois supérieure à celle des autres Européens, quelle que soit la classe pharmaceutique considérée".

Alors qu'aucune explication n'est avancée pour justifier ces écarts, la Commission des Citoyens pour les Droits de l'Homme dénonce ce qui se trouve à la base du problème, à savoir l'influence des psychiatres qui ont établi et popularisé des diagnostics non scientifiques à partir desquels sont prescrits les psychotropes. C'est ce que, récemment, Philippe Pignarre appelait dans un ouvrage sur le sujet "l'épidémie de dépression" qui aboutit à psychiatriser tous les problèmes de l'existence.

Une prise de conscience est nécessaire alors même que l'Etat commence seulement à réagir face à ce problème très français.

Pour tout renseignement, contacter la :

Commission des Citoyens pour les Droits de l'Homme

BP 10076 75561 Paris cedex 12

tel 01 40 01 09 70

site : ccdh.asso.fr