Rappel du contexte
Le 27 août 2004, le diagnostic de rage a été confirmé chez un chiot femelle (Tikky) de 4 mois, originaire du Maroc dont le propriétaire réside à Bordeaux. Cet animal, non vacciné et recueilli début juillet en région d'Agadir, avait été introduit illégalement en France en voiture via l'Espagne.
Les données scientifiques relatives à la rage ont amené à considérer la chienne, morte le 21 août 2004, comme contaminante du 2 au 21 août 2004. Durant cette période, l'animal et son propriétaire ont notamment séjourné en Lot-et-Garonne, lors du festival de Miramont de Guyenne.

Face à l'importance du nombre de personnes et d'animaux ayant pu être en contact avec la chienne TIKKY, une cellule locale de crise a été constituée à la préfecture de la Gironde dès le 27 août. Dans le même temps, a été créée au niveau national une cellule de crise interministérielle.
Ces cellules ont notamment permis de mener les actions suivantes :
- recueil d'information auprès du propriétaire,
- plan de communication : communiqués de presse, avis de recherche, activation des réseaux des vétérinaires sanitaires, des médecins généralistes et des services d'urgence...
- permanence téléphonique 24h/24h à la Préfecture de la Gironde : plus de 3500 appels ont été reçus, mise en oeuvre d'enquêtes avec de gros moyens pour retrouver les personnes et les animaux ayant été en contact avec Tikky,
- suivi des stocks de vaccins,
- organisation de séances de vaccination d'animaux appartenant à des personnes en situation précaire.

Arrêté ministériel du 3 septembre 2004
Parallèlement, afin d'éviter la propagation de la maladie, le Ministère de l'Agriculture a mis en place, pour une durée de 6 mois, des mesures particulières de lutte contre la rage dans les 3 départements concernés (Dordogne, Gironde et Lot-et- Garonne) :
- interdiction des expositions et rassemblements de carnivores domestiques,
- lutte contre la d
ivagation des carnivores domestiques non identifiés et/ou non vaccinés contre la rage; seuls les animaux correctement identifiés et vaccinés pouvant circuler librement sous l'autorité de leur maître,
- interdiction de se dessaisir d'un carnivore domestique non vacciné contre la rage,
- mise en oeuvre d'analyses pour recherche de la rage sur les carnivores domestiques trouvés morts.

Quelques chiffres
A ce jour sur les 3 départements :
- plus de 1000 analyses de recherche de la rage chez des animaux ont été réalisées (résultats tous négatifs),
- 42 chiens ayant été en contact avec l'animal enragé ont du être euthanasiés,
- près de 800 animaux sont mis sous surveillance sanitaire pendant un an suivant leurs captures.
- 187 vaccinations personnes susceptibles d'avoir été en contact avec le chien enragé (dont 147 par le centre antirabique de Bordeaux),
- aucun cas de rage humaine n'a été déclaré. La période d'incubation chez l'homme variant de 10 j
ours à un an dans les cas extrêmes (avec une moyenne d'environ 30 à 40 jours), le risque de survenue d'un cas humain devient dans le cas présent très peu probable.
En Lot-et-Garonne
- euthanasies d'animaux errants, non réclamés : 146 chiens et 149 chats,
- mises sous surveillance : 46 chiens.
Les chiens, restitués pendant les 6 derniers mois à leurs propriétaires et placés sous surveillance sanitaire régulière, le sont pour une période impérative de 12 mois consécutifs. Cette mesure permet de s'assurer qu'il n'y a pas de modification comportementale ou de symptômes liés à la rage, l'incubation pouvant se prolonger sur 1 an à partir d'un contact contaminant.
Levée des mesures de l'arrêté du 3 septembre 2004
La levée des dispositions à l'égard des animaux aura lieu le 4 mars.
Cette mesure ne doit pas occulter le fait que, compte tenu des nombreux échanges avec des pays à statuts sanitaires incertains, le risque d'introduction de la rage existe toujours dans notre
région, zone importante de transit international.

Des conseils
- Il appartient aux voyageurs de se renseigner avant le départ, de faire preuve de vigilance et de respecter les dispositions réglementaires en matière d'importation d'animaux vivants.
- Il est recommandé aux propriétaires de chiens ayant décidé de faire procéder à la primovaccination antirabique de leurs carnivores, de maintenir leur couverture vaccinale chaque année, par une vaccination de rappel : en effet, par deux fois en 2004, des animaux étrangers rabiques ont séjourné en Lot-et-Garonne. Cette situation peut se reproduire à l'avenir.
- Il est conseillé aux propriétaires de faire identifier leurs chiens, chats ou furets, de les faire vacciner contre la rage et de veiller à ce que ces derniers ne divaguent pas. En effet la divagation des chiens, en particulier ceux non vaccinés contre la rage, constitue un terrain favorable pour la propagation de la maladie ; ceci sans présager des risques de santé publique liés aux personnes mordues ou agressées par ces animaux.

La lutte contre la divagation des animaux relève de la police du Maire. Les carnivores errants, capturés désormais sur la voie publique et conduits à la fourrière départementale de Caubeyres, y seront maintenus pendant 8 jours, selon le dispositif réglementaire en vigueur avant « l'alerte rage ». Ce délai est mis à profit pour rechercher les coordonnées du propriétaire en ayant recours au fichier national des numéros d'identification. Un animal, non identifié, réclamé par son propriétaire ne peut être restitué qu'après identification à ses frais. La vaccination antirabique est conseillée.
La lutte contre la divagation et la vaccination constituent deux mesures complémentaires : l'une vise à éviter les contacts entre animaux de statuts sanitaires incertains, l'autre protège l'animal vacciné lors des contacts à risques. La mise en oeuvre de ces mesures de bon sens devrait permettre d'aborder l'avenir avec
sérénité en matière de rage canine.