ASSEMBLEE GENERALE: LE PRESIDENT OUGANDAIS PLAIDE POUR LE DEVELOPPEMENT DECONOMIES DE TRANSFORMATION DANS LES PAYS DU SUD

Le Directeur général de lAIEA présente son rapport annuel devant lAssemblée

LAssemblée générale a abordé ce soir la question des produits de base dans le cadre dune table ronde présidée par M. Julian Robert Hunte (Sainte-Lucie) et en présence du Président de lOuganda, M. Yoweri Kaguta Museveni et de la Vice-Secrétaire générale des Nations Unies, Mme Louise Fréchette. 

Mme Fréchette a rappelé à cet égard que 95 pays en développement sur 141 dépendent des exportations des produits de base et que 70 dentre eux ne tirent leurs recettes dexportation que de trois produits.  Ces pays doivent faire face au fait, quentre 1980 et 2002, les prix des produits agricoles ont chuté de 47% par rapport aux produits manufacturés, et que les prix des métaux et des minerais ont chuté de 35%, a ajouté la Vice-Secrétaire générale, prenant par ailleurs lexemple du café dont les producteurs ont vu leurs revenus diminuer des deux tiers par rapport aux années 1990.  Pourtant, a constaté, à la suite, le Président Museveni, la détérioration des termes de léchange dans le domaine du café nest pas imputable à la diminution de la demande de consommation et le prix dun café dans la ville de New York na pas diminué.  En effet, a-t-il poursuivi, alors quen 1998, le marché du café représentait un total de 55 milliards de dollars, pour huit milliards reversés aux producteurs, aujourdhui, ce marché représente 71 milliards de dollars tandis que les producteurs ne touchent que cinq milliards de dollars.

Les pays du Sud doivent par conséquent investir dans des économies de transformation, a insisté le Président ougandais, prenant lexemple de la production cotonnière qui, à létat brut, rapporte léquivalent de 1,20 dollar le kilo au producteur.  Une fois transformé en fil, le coton triple de valeur, et sil est tissé, sa valeur est six fois supérieure, a-t-il indiqué ensuite, tandis quune fois confectionné ce coton revient à 12 dollars le kilo.  En ne transformant pas leurs produits de base, ou produits bruts, les pays africains producteurs de coton deviennent eux-mêmes les donateurs des pays industrialisés puisquils leurs offrent les 10 dollars gagnés dans le processus de transformation et leurs permettent de créer des emplois au Nord.  Les matières premières brutes vont continuer de baisser, quon le veuille ou non, a insisté le Président ougandais, prônant par conséquent un effort de diversification de la production des pays du Sud, couplé à labandon des subventions et des mesures protectionnistes prises par les Etats-Unis, le Japon et lUnion européenne.  En effet, a-t-il indiqué, si les prix des produits de base ont chuté, cest probablement en raison de loffre abondante, mais cest aussi parce que les pays industrialisés nouvrent pas leurs marchés à la concurrence des pays du Sud sur des produits tels que la viande de buf, le lait, les légumes ou les produits manufacturés.

Présentant dans la matinée le rapport dactivités de lAgence internationale de lénergie atomique pour 2002 et 2003 devant lAssemblée générale, son Directeur général, M. Mohamed ElBaradei, a déploré, à propos des activités de vérification de la prévention de la prolifération nucléaire, que 46 Etats naient toujours pas rempli leurs obligations au titre des accords de sauvegarde découlant du Traité de non-prolifération.  Par ailleurs, a-t-il poursuivi, 150 Etats nont toujours pas adopté de modèle de protocole additionnel, contrairement à ce qui leur a été demandé il y a six ans par le Conseil des Gouverneurs de lAIEA.  M. ElBaradei a abordé ensuite certaines situations spécifiques, notamment en République populaire démocratique de Corée et en Iraq, avant dindiquer que la République islamique dIran avait récemment transmis une déclaration complète et actualisée sur ses activités nucléaires et manifesté sa volonté de signer un protocole additionnel sur les accords de sauvegarde, accord régissant les visites des inspecteurs de lAIEA sur les sites.

Cette réaction faisait suite à une résolution adoptée par le Conseil des gouverneurs de lAgence, réuni du 15 au 19 septembre, qui invitait la République islamique dIran à clarifier sa position quant à la mise en uvre des accords de sauvegarde, a rappelé M. ElBaradei.  Pour lever tous les soupçons pesant au sein de la communauté internationale sur nos intentions dans le domaine du nucléaire, la République islamique dIran a fourni, le 23 octobre dernier, un tableau très complet de toutes ses activités dans le domaine du nucléaire par le passé, a indiqué son représentant.  Ce tableau devrait permettre à lAIEA de faire la preuve que les activités de la République islamique dIran dans le domaine nucléaire ont toujours été motivées par des ambitions pacifiques et développées à des fins civiles a-t-il dit.  Les représentants des pays suivants sont également intervenus sur ce point: Espagne, Italie (au nom de lUnion européenne et des pays candidats et associés), Pérou, Egypte, République de Corée, Fédération de Russie, Pakistan, Japon et Kenya.

Par ailleurs, au titre de son point de lordre du jour relatif au sport au service de la paix et du développement, lAssemblée générale a adopté aujourdhui sans vote deux résolutions intitulées respectivement «le sport en tant que moyen de promouvoir léducation, la santé, le développement et la paix» et «pour lédification dun monde pacifique et meilleur grâce au sport et à lidéal olympique».  Présentée par le Ministre des affaires étrangères de la Grèce, M. George Papandreou, cette dernière résolution prie les Etats Membres dobserver la Trêve olympique, tant individuellement que collectivement, pendant les Jeux de la XXVIIIe Olympiade, qui se tiendra à Athènes du 13 au 29 août 2004.  Au cours du débat sur ce point, le Ministre des sports de la Tunisie, M. Abderrahim Zouari, le Prince héréditaire Albert de Monaco, et les représentants des pays suivants se sont également exprimés: Suisse, Chine, Israël, Chypre, Cuba, Egypte et Etats-Unis.

LAssemblée se réunira de nouveau demain, mardi 4 novembre, à 10 heures.

LE SPORT AU SERVICE DE LA PAIX ET DU DÉVELOPPEMENT

Le sport en tant que moyen de promouvoir léducation, la santé, le développement et la paix

Projet de résolution (A/58/L.2)

Aux termes de ce projet de résolution -présenté au nom de ses coauteurs par le Ministre des sports de la Tunisie,- lAssemblée générale, considérant le rôle du sport et de léducation physique en tant que moyen de promouvoir léducation, la santé, le développement et la paix, et consciente également de la nécessité de coordonner davantage les efforts déployés au niveau international pour lutter plus efficacement contre le dopage, invite les gouvernements, lOrganisation des Nations Unies, ses fonds et programmes, les institutions spécialisées selon quil convient et les institutions soccupant du sport à promouvoir le rôle du sport et de léducation physique; encourager lesprit de réussite; combler les fossés culturels; et inculquer les valeurs collectives.

LAssemblée générale encourage par ailleurs les gouvernements, les organismes sportifs internationaux et les organisations apparentées à collaborer et mettre en uvre des initiatives de partenariat et des projets de développement compatibles avec lenseignement dispensé à tous les niveaux de léducation afin daider à réaliser les Objectifs de développement énoncés dans la Déclaration du Millénaire.  Elle invite les gouvernements à accélérer lélaboration dune convention internationale contre le dopage dans toutes les activités sportives et prie lOrganisation des Nations Unies pour léducation, la science et la culture de coordonner, en coopération avec dautres organisations internationales et régionales compétentes, lélaboration de cette convention.

Enfin, lAssemblée décide de proclamer 2005 «Année internationale du sport et de léducation physique», en tant que moyen de promouvoir léducation, la santé, le développement et la paix, et invite les gouvernements à organiser des manifestations pour marquer leur engagement et rechercher laide des personnalités sportives à cet égard.

Pour lédification dun monde pacifique et meilleur grâce au sport et à lidéal olympique

Projet de résolution (A/58/L.9)

Présentée au nom de ses coauteurs par le Ministre des affaire étrangères de la Grèce, la résolution adoptée ce matin par lAssemblée générale prie les Etats Membres dobserver, dans le cadre de la Charte des Nations Unies, la trêve olympique, tant individuellement que collectivement, pendant les Jeux de la XXVIIIe Olympiade, qui se tiendra à Athènes du 13 au 29 août 2004.  LAssemblée demande également à tous les Etats Membres de coopérer avec le Comité international olympique dans ses efforts visant à utiliser la trêve olympique comme un instrument pouvant promouvoir la paix, le dialogue et la réconciliation dans les zones de conflit pendant et après la période des Jeux olympiques.  Elle demande enfin au Secrétaire général de promouvoir lobservation de la trêve olympique parmi les Etats Membres ainsi que lappui apporté aux initiatives de développement humain grâce au sport, et de coopérer avec le Comité international olympique à la réalisation de ces objectifs.

Déclarations


M. ABDERRAHIM ZOUARI, Ministre des sports de Tunisie, lisant lallocution du Président de la république tunisienne, M. Zine El Abidine Ben Ali, qui présente le projet de résolution A/58/L.2, a fait valoir que le sport était devenu une école de la vie, dont leffet bénéfique ne se limitait pas à la promotion de la santé et à lépanouissement du corps, mais consistait aussi en lacquisition des valeurs nécessaires à linterdépendance sociale, à létablissement des relations, au renforcement des amitiés, à lenrichissement du dialogue et au maintien du contact entre les races, les cultures et les civilisations.  Cest dans ce contexte, a-t-il poursuivi, que se situe linitiative de la Tunisie consistant à présenter le projet de résolution soumis aujourdhui à lAssemblée.  Soulignant que cette résolution constituait un instrument de travail à même de contribuer à la réalisation des objectifs de développement et faisant valoir ses dimensions éducatives, il sest dit convaincu que les principes et les nobles objectifs contenus dans ce projet trouveraient auprès de tous les Etats appui et soutien, en vue de la consolidation de la place du sport et de léducation physique dans tous les pays et du renforcement de son rôle au service du développement et de la paix, afin de donner à la jeunesse du monde des raisons despérer.

M. GEORGE PAPANDREOU, Ministre des affaires étrangères de la Grèce, sest félicité de la tenue des Jeux olympiques lan prochain à Athènes, qui constitue loccasion de restaurer lancienne tradition grecque de la Trêve olympique.  Il a rappelé, à ce propos, quà lorigine, la promotion de la paix fut la raison pour laquelle les Jeux Olympiques avaient été créés, puisquils marquaient la cessation de toutes les hostilités pour permettre aux milliers dathlètes, de pèlerins et de spectateurs, de participer à cette célébration sacrée.  Saluant les Nations Unies pour leur soutien à la coopération pacifique à travers le sport, il a rappelé que depuis 1993, l'Assemblée générale avait adopté à lunanimité six résolutions soutenant cette cause.  Le projet de résolution aujourdhui présenté appelle, comme les précédents, tous les Etats Membres à observer la Trêve olympique, a ajouté le ministre, qui a déclaré par ailleurs que ce message ne pouvait être plus pertinent dans le climat récurrent dinsécurité mondiale.  Même si elle reste limitée dans le temps, la Trêve olympique peut offrir une opportunité inestimable pour la réconciliation, a-t-il conclu.

Le Prince ALBERT DE MONACO, Prince héréditaire de la Principauté de Monaco, rappelant quil avait eu le privilège de participer à cinq reprises aux Jeux olympiques dhiver, a estimé quà lheure de la société de linformation, les Jeux olympiques constituaient une vitrine exposée en direct au monde entier.  En effet, a-t-il ajouté, le souvenir des athlètes coréens défilant sous le seul drapeau de la péninsule coréenne lors des Jeux de Sydney, en lan 2000, est porteur despoir pour tout un peuple et pour les défenseurs de la paix.  Saluant ensuite lEquipe de travail interinstitutions mise en place en 2002 par le Secrétaire général, le Prince Albert de Monaco sest félicité du fait que son rapport souligne limportance du sport en tant que droit humain et met en exergue le sport comme vecteur du développement et de la paix et comme élément indispensable à la réalisation des Objectifs de développement du Millénaire.  Essentielle au développement de lindividu, la pratique du sport efface les barrières sociales et fait se rapprocher les êtres humains par-delà leurs langues et leurs cultures, a-t-il indiqué.  Aussi, léducation physique doit-elle trouver sa juste place dans les systèmes éducatifs, a estimé le Prince Albert, ajoutant que la Convention des Nations Unies relative aux droits de lenfant doit sappliquer aux jeunes sportifs dont la fragilité physique et psychologique doit être dûment prise en considération.  La Fondation internationale pour la Trêve olympique et le Centre international pour la Trêve olympique, récemment constitués, peuvent et doivent apporter leur contribution à la dissémination de ces valeurs, a-t-il dit, en particulier à lheure où les conflits perdurent et où le monde est désorienté par le terrorisme.  Il faut combattre les attitudes inadmissibles et contraires à lesprit du sport, a poursuivi le Prince Albert, évoquant le racisme, la discrimination raciale la xénophobie et lintolérance, ce, avant dévoquer le fléau du dopage qui mine le sport.  Rappelant que la Principauté de Monaco a signé le 10 septembre 2003 la Convention contre le dopage du Conseil de lEurope et la Déclaration de Copenhague contre le dopage dans le sport dans laquelle les fédérations sportives de 80 gouvernements ont approuvé le Code mondial antidopage, le 5 mars 2003, il a souhaité que lUNESCO soit en mesure dadopter le projet de convention internationale contre le dopage avant les Jeux olympiques dhiver de Turin en 2006.

M. JENÖ C. A. STAEHELIN (Suisse) sest félicité des résultats de la Conférence organisée par son pays en février dernier, où la Déclaration de Macolin a été adoptée par 55 pays.  Il a expliqué que celle-ci appelait les gouvernements, le système des Nations Unies, les fédérations sportives, les ONGS, lindustrie du sport, ainsi que les médias et le grand public à encourager le développement humain, social, politique et économique par le biais du sport.  Il a encore estimé que cette Déclaration avait inspiré léquipe de travail interinstitutions des Nations Unies, qui a présenté son rapport final au Secrétaire général en septembre dernier sous le titre: «Le sport au service du développement et de la paix: vers la réalisation des Objectifs du Millénaire».  Le rapport fait ressortir notamment que la marginalisation de léducation physique est quasi universelle, selon une étude réalisée dans 126 pays, car elle est le plus souvent considérée comme non productive.  Or, on estime quaux Etats-Unis 1 dollar consacré à lactivité physique fait économiser 3,20 dollars en frais médicaux, a rapporté le représentant, qui a aussi indiqué que le sport contribuait à éliminer les barrières sociales et pourrait devenir un instrument permettant dappuyer la prévention des conflits.  La Suisse a appuyé la résolution discutée aujourdhui, qui vise à mieux intégrer le sport dans les programmes de développement, et à encourager lONU à développer des partenariats stratégiques en la matière.

M. ZHANG YISHAN (Chine) a souligné combien le sport était essentiel à la promotion de la paix et du développement, comme le montre lesprit olympique qui est né il y a plus de 2000 ans.  Les pays du monde doivent continuer à soutenir les principes de la Charte des Nations Unies et lesprit olympique, a-t-il poursuivi, estimant que le sport enseignait la coopération avec les autres, apprenait léchec et permettait de tisser des liens entre les peuples notamment.  A cet égard, il a fait valoir que le Gouvernement et le peuple chinois faisaient tout leur possible pour se préparer à la tenue des Jeux olympiques à Beijing en 2008.  Il a également souhaité un plein succès aux Jeux olympiques dAthènes, qui retourneront ainsi à leur lieu dorigine lannée prochaine.

M. ARYE MEKEL (Israël) a apporté son soutien au projet de résolution soumis à ladoption de l'Assemblée générale, rappelant que les Jeux olympiques constituent une occasion de paix et de réconciliation.  Pressant les Etats Membres dassurer la sécurité des Jeux, il a précisé que pour le peuple dIsraël les Jeux oLympiques ne peuvent être malheureusement séparés du souvenir de la tragédie qui avait endeuillé ceux de 1972 à Munich, lorsque des hommes armés du groupe terroriste septembre Noir avaient tué 11 athlètes et personnes de leur personnel.  Il a regretté en conclusion que le Comité international olympique nait toujours pas trouvé une façon appropriée de commémorer cet événement.

M. ANDREAS D. MAVROYIANNIS (Chypre) a appuyé lidée de la Trêve olympique, selon laquelle lhumanité peut créer un environnement libre de conflit au niveau universel, au moins pour un temps limité.  Il a adressé ses remerciements au Premier Ministre grec, M. Papandreou, et au Président du Comité olympique international, M. Rogge, pour les efforts quils ont déployés afin que ce projet prenne forme.  Son gouvernement a soutenu la Trêve olympique, a-t-il expliqué, dans la mesure où celle-ci pourrait être le prélude à un monde libéré de la haine, des conflits armés et des agressions, comme la montré le projet de résolution préparé par la Grèce.  Dans le même esprit, le représentant a accueilli favorablement le projet de résolution de la Tunisie, qui a établi un lien pertinent entre le sport, la paix et le développement.  Il a particulièrement apprécié limportance que celle-ci a accordé au rôle de léducation physique dans le bien-être des enfants, à la nécessité dintensifier la lutte contre le dopage au niveau international, à lutilisation du sport pour développer la santé publique, ainsi quà la construction dune culture de la paix.

M. MANUEL AGUILERA, Vice-Ministre des relations extérieures de Cuba, a apporté son appui aux deux projets de résolution présentés ce matin par la Tunisie et la Grèce.  La Trêve olympique que la résolution appelle pour les prochains Jeux dAthènes, en 2004, est essentielle à la promotion de la paix, du développement et des relations damitié entre les nations, a-t-il dit.  Il sest prononcé en faveur dune convention internationale contre le dopage et a soutenu les dispositions visant à faire de 2005 lAnnée internationale du sport et de léducation physique. Léquipe nationale de tir à larc de Cuba na pu participer aux championnats du monde organisés en juillet dernier à New York, a-t-il déploré, car certains compétiteurs nont pu obtenir de visas.  Or, cette rencontre était déterminante en prélude aux Jeux olympiques dAthènes, a indiqué le Vice-Ministre, regrettant que 39 sportifs de haut niveau se soient vus refuser un visa dentrée aux Etats-Unis au cours des 11 derniers mois.  La confusion entre le sport et la politique est regrettable, a déclaré ensuite M. Aguilera, déplorant que le sport soit également visé par les sanctions américaines contre Cuba.

M. AHMED ABUL GHEIT (Egypte) a souligné combien, en ce moment, lhumanité avait besoin de conciliation et a estimé que le sport était essentiel à cet égard.  A lheure où le monde est divisé entre opposants, rongé par des conflits, où le fossé croit entre pauvres et riches, où les maladies déciment les pauvres qui nont personne pour les aider, le sport est particulièrement important car il fait disparaître toutes les barrières, unit les peuples et symbolise lesprit de tolérance, a-t-il poursuivi.  Cest donc la foi dans ces idéaux de paix et de justice portés par le sport qui a conduit lEgypte à se porter coauteur des deux projets de résolution présentés aujourdhui devant lAssemblée, et qui consacrent tous les principes de paix inhérents au sport, a-t-il enfin déclaré.

Exprimant sa satisfaction devant le retour des Jeux olympiques à Athènes, M. BENJAMIN GILMAN (Etats-Unis) a affirmé que le but de lolympisme était de mettre le sport au service du développement harmonieux de lhomme pour encourager létablissement dune société pacifique soucieuse de préserver la dignité humaine.  Convaincu de ses bénéfices pour la jeunesse mondiale, il a ajouté que le sport pouvait aider la communauté internationale à rencontrer les objectifs de développement centré sur lhomme proposés par les conférences mondiales des Nations Unies.  Il a salué ensuite le rôle du système des Nations Unies, en partenariat avec le Comité international olympique, dans la promotion du sport en faveur des personnes défavorisées, particulièrement les enfants.  Pour sa part, le Sénat américain a approuvé une résolution soutenant la Trêve olympique dans lesprit qui animait les créateurs de la Fondation internationale de la Trêve olympique, à Athènes.  Dans ce contexte, le représentant a annoncé que grâce à la philanthropie américaine, une statue de bronze intitulée «Trêve olympique» sera érigée à Athènes, lan prochain.

Déclaration du Président du Comité international olympique


M. JACQUES ROGGE, Président du Comité international olympique, a salué ladoption de la résolution qui soutient la trêve olympique.  Il a rappelé par exemple que lobservation de la Trêve avait permis aux athlètes de lex-Yougoslavie de participer aux Jeux olympiques de 1994.  Dans les régions défavorisées, le Comité cherche à améliorer la qualité de vie des êtres humains en créant des projets sportifs pour les victimes de conflits en partenariat avec le HCR ou la Croix-Rouge internationale, ou encore uvre avec les institutions du système des Nations Unies sur le terrain pour mettre en place des activités sportives récréatives.  Le Comité international olympique coopère enfin avec le Programme des Nations Unies pour que les athlètes continuent la dissémination des messages de lutte contre le VIH/sida et la drogue.

RAPPORT DE LAGENCE INTERNATIONALE DE LÉNERGIE ATOMIQUE


projet de résolution (A/58/L.10)

Ayant reçu le rapport de lAgence internationale de lénergie atomique pour lannée 2002 et prenant note de la déclaration du Directeur général de lAgence internationale de lénergie atomique par laquelle il a donné des renseignements supplémentaires sur les principaux faits qui ont marqué lactivité de lAgence en 2003, lAssemblée générale a adopté ce matin une résolution par laquelle elle prend acte de ce rapport.  LAssemblée prend note dune série de résolutions adoptées par la Conférence générale de lAIEA, du 15 au 19 septembre 2003, notamment celles relatives aux mesures visant à renforcer la coopération internationale dans les domaines de la sûreté nucléaire, de la sûreté radiologique, de la sûreté du transport et de la gestion des déchets.  Ces résolutions couvrent également la question du code de conduite sur la sûreté et la sécurité des sources radioactives, de même que le renforcement des activités de lAgence concernant les sciences, la technologie et les applications nucléaires, ou celles visant à mettre au point des techniques nucléaires innovantes, notamment sur lutilisation de lhydrologie isotopique pour la gestion des ressources en eau.  Ces textes abordent en outre la question de lapplication de lAccord entre lAgence et la République populaire démocratique de Corée en vue de lapplication des garanties dans le cadre du Traité sur la non-prolifération des armes nucléaires, ou encore lapplication des garanties de lAgence au Moyen-Orient.

Enfin, lAssemblée affirme son appui au rôle indispensable de lAgence pour encourager et soutenir la mise au point et lapplication pratique de lénergie atomique à des fins pacifiques, pour le transfert des technologies aux pays en développement et pour la sûreté, la vérification et la sécurité nucléaires.

Déclarations

M. MOHAMED ELBARADEI, Directeur général de lAgence internationale de lénergie atomique (AIEA), présentant le rapport dactivités de lAgence pour 2002-2003, a indiqué que son organisation avait été au cur de laction de la communauté internationale en matière de non-prolifération, grâce notamment à un mécanisme de vérification crédible et performant.  En outre, a-t-il ajouté, lAgence a continué de développer ses programmes de coopération technique en faveur du développement durable grâce à lutilisation de technologies nucléaires propres.  Lénergie nucléaire demeure la seule source dénergie capable de fournir de lélectricité à une large échelle avec un impact minimal sur lenvironnement, a-t-il dit, soulignant que cette source dénergie, qui couvre 16% de la production mondiale délectricité, est appelée à se développer dans les prochaines années.  Sur les 33 réacteurs en construction actuellement, 20 sont en Asie, a-t-il ajouté, reconnaissant toutefois que la capacité de lindustrie nucléaire à se développer dépendra des progrès réalisés dans le retraitement des déchets nucléaires, dans la lutte contre la prolifération, ainsi que dans la sécurité et la sûreté des installations, progrès quune vingtaine de pays membres de lAIEA se sont engagés à réaliser en mettant en place des réacteurs modernes tenant compte de ces critères.  M. ElBaradei a également souligné les implications des technologies nucléaires sur la santé et le rôle de lAgence dans ce domaine, notamment pour développer les programmes de radiothérapie dans les pays en développement pour faire face aux 10 millions de cas de cancer supplémentaires dici à 2015.

De même, lAIEA intervient dans le domaine de la gestion des ressources en eau grâce aux techniques isotopes actuellement utilisées dans 80 projets développés par lAgence, a poursuivi M. ElBaradei, précisant que le programme de coopération technique de lAIEA est doté annuellement dun budget de 80 millions de dollars.  Abordant ensuite les activités de lAgence dans les domaines de la sûreté et de la sécurité des installations nucléaires, le Directeur général a salué les efforts de plus en plus nombreux des États Membres pour améliorer la sûreté de leurs centrales nucléaires et les adapter aux standards internationaux.  Il a évoqué également le statut actuel des conventions internationales, notamment celles relatives à lalerte rapide et à lassistance technique, ainsi que la Convention sur la sûreté nucléaire que lAIEA sefforce de mettre en uvre.  La Convention de 1979 sur la protection physique des installations nucléaires a été ratifiée par 20 nouveaux États au cours des deux dernières années, a-t-il dit, ce qui démontre limportance accordée par les États à ladoption dun régime de sûreté nucléaire.  La modernisation des standards internationaux de sûreté nucléaire devrait être achevée dici à la fin de 2004, a poursuivi M. ElBaradei, souhaitant quils soient mis en uvre au niveau mondial.  En outre, lassistance de lAIEA aux États Membres dans ce domaine ne cesse de progresser, en particulier pour ce qui est de la protection contre les rayonnements, la gestion des déchets radioactifs et le transport de ces matières, et près de 60 missions ont été effectuées cette année dans 29 États, notamment en Europe centrale et de lEst.

Depuis septembre 2001, une quarantaine de missions dévaluation et une cinquantaine de modules de formation ont été mis en place par lAIEA dans le domaine de la protection contre le terrorisme nucléaire et radiologique tant en Europe, quen Asie, en Amérique latine et en Afrique.  Pour ce qui est de la vérification de la non-prolifération nucléaire, M. ElBaradei a indiqué que 46 États devaient encore remplir leurs obligations au titre du Traité de non-prolifération, consistant à appliquer les accords en matière de garantie, et 150 Etats nont toujours pas de protocole additionnel en vigueur conformément à ladoption, il y a six ans, par le Conseil dadministration de lAIEA du Modèle de protocole additionnel.  Sagissant de la République populaire démocratique de Corée, le Directeur général de lAIEA a indiqué quil nétait pas en mesure de garantir le non-détournement des technologies nucléaires par les autorités de ce pays dans la mesure où aucune inspection na été effectuée depuis décembre 2002, avant de souhaiter que les négociations à six de Beijing permettent à lAgence de disposer des capacités et des moyens pour sassurer du respect du régime de non-prolifération en RPDC.  Rappelant ensuite les activités dinspection menées par lAIEA en Iraq au cours de lannée écoulée, M. ElBaradei a indiqué que, conformément aux dispositions de la résolution 1483 (2003), il attendait, en coopération avec la CCVINU, de disposer du nouveau mandat que compte assigner le Conseil à lAgence pour clore définitivement la question des armes en Iraq.  Sagissant de lAccord sur la mise en uvre des garanties de sûreté du Traité de non-prolifération, le Directeur général a indiqué, sagissant de la République islamique dIran, quà la suite de la résolution adoptée en septembre par le Conseil des gouverneurs de lAgence, le Gouvernement iranien avait récemment transmis une déclaration complète et actualisée de ses activités nucléaires et fait part de sa volonté de conclure un protocole additionnel sur les arrangements de sûreté.  LAIEA est actuellement en train dexaminer ces documents et je ferai rapport au Conseil des Gouverneurs dans le courant de ce mois sur létat de la mise en uvre des mesures de sûreté en Iran, a dit M. ElBaradei.

M. NUNEZ(Espagne), président du Conseil des gouverneurs de lAgence internationale de lénergie atomique (AIEA), présentant le projet de résolution A/58/L.10, a estimé quil offrait un grand changement par rapport aux années précédentes, sagissant notamment de sa longueur, qui a été réduite afin que le texte soit plus efficace.  Ce projet est donc à mi-chemin entre les résolutions de procédure du passé et les résolutions de fond des années plus récentes, a-t-il précisé.  Remerciant par ailleurs tous ceux qui ont largement appuyé le contexte de consensus autour duquel de nombreuses résolutions sur ce thème ont été adoptées, il a espéré que le projet présenté aujourdhui serait lui aussi unanimement adopté, et, si possible, aussi par consensus.

M. CARLO TREZZA (Italie) sexprimant au nom de lUnion européenne, a rappelé que le Traité de non-prolifération nucléaire constituait la pierre angulaire du régime de non-prolifération à caractère universel, préalable essentiel à la sécurité collective.  Il a par ailleurs rappelé son soutien au combat contre le terrorisme et la prolifération des armes de destruction massive, se félicitant à ce propos quau lendemain du 11 septembre, lAIEA ait renforcé ses activités contre le terrorisme nucléaire.  Le représentant a rappelé ensuite les préoccupations du dernier Conseil de lEurope en ce qui concerne le programme nucléaire de la République islamique d'Iran et a accordé son plein appui à la résolution du Conseil des gouverneurs de lAIEA en date du 12 septembre, appelant le Gouvernement iranien à coopérer à sa mise en oeuvre.  LUnion européenne sest par ailleurs alarmée quil nait toujours pas été possible à lAIEA de vérifier lexactitude du rapport initial de la République populaire démocratique de Corée sur ses activités nucléaires.  Elle appuie la poursuite du dialogue entre les parties intéressées, et salue dailleurs pour cette raison la tenue de deux réunions à Beijing pour trouver une solution négociée à ce problème.  LUnion européenne a enfin salué le travail déjà accompli par lAIEA en Iraq pour y vérifier le matériel nucléaire existant, rappelant quen vertu des résolutions du Conseil de sécurité, il y avait obligation pour lAgence de contrôler le détournement de matériel nucléaire déclaré et placé sous sauvegarde en Iraq.

M. OSVALDO DE RIVERO (Pérou) a exprimé sa préoccupation quant au non-respect par certains États du régime de non-prolifération.  Il sest dit particulièrement inquiet face à labsence de progrès en matière de garantie sur le régime de sauvegarde par la République populaire démocratique de Corée.  M. de Rivero a indiqué ensuite quavec la ratification par Cuba du Traité de non-prolifération et lentrée en vigueur du Traité de Tlatelolco, la région dAmérique latine est devenue la première zone exempte darmes nucléaires.  Toutefois, a-t-il poursuivi, en dépit de ces progrès, force est de constater aujourdhui que le régime de non-prolifération est dépassé car le monde compte huit, voire peut-être neuf pays disposant du nucléaire à des fins militaires.  Un nouveau régime devrait, entre autres, interdire la production de matière fissile à des fins militaires, couvrir les questions de combustion et de retraitement des déchets nucléaires.  Aujourdhui, a-t-il demandé, que peuvent faire les armes nucléaires contre les armes légères, contre la pauvreté, contre les trafics de drogues et dêtres humains, contre le terrorisme, contre tous ces maux qui menacent la paix et la sécurité internationales, soulignant que la pertinence du concept de dissuasion nucléaire est réellement en question.

M. JAVAD ZARIF (République islamique dIran) a souligné que le droit inaliénable de tous les Etats à posséder la technologie nucléaire à des fins pacifiques était inhérent au traité de non-prolifération (TNP).  Jugeant important dassurer luniversalité de ce traité, il a cependant souligné que des restrictions arbitraires risquaient dempêcher lAIEA de faire efficacement son travail.  Le représentant a donc affirmé que, comme tous les autres membres du Traité de non-prolifération des armes nucléaires, son pays estimait que la poursuite et le développement de la technologie nucléaire à des fins pacifistes étaient son droit inaliénable.  Par conséquent, lIran a consacré des ressources humaines et matérielles à ce domaine.  En même temps, et comme la toujours répété mon pays, les armes nucléaires et les autres armes de destruction massive ne font pas parties de la doctrine de défense de lIran, a-t-il poursuivi, et pas seulement à cause de notre engagement à respecter les obligations du TNP, mais aussi parce que cela fait partie de notre calcul stratégique réfléchi.  Le représentant a donc déploré que des sanctions injustifiées aient cependant été imposées, non seulement à légard du légitime programme nucléaire de lIran, mais aussi envers toute lindustrie du nucléaire et toutes les possibilités de fourniture de matériel et déquipement.  LIran a réussi dans le domaine du nucléaire à des fins pacifistes grâce à lintelligence et au travail continu des scientifiques du pays, a-t-il poursuivi.  Malheureusement, a-t-il estimé, des soupçons politiquement motivés ont créé une ombre au-dessus de ce programme pacifiste limité, qui na pourtant rien à voir avec la question de la non-prolifération.  Il a ensuite affirmé que, pour lever tout soupçon sur les intentions de lIran dans le domaine nucléaire, son pays avait fourni, le 23 octobre dernier, un tableau très complet de toutes ses activités passées dans ce domaine, estimant que ce tableau permettrait certainement à lAIEA davoir la preuve que les activités nucléaires de lIran nont toujours eu que des ambitions pacifiques et espérant quil permettrait dapaiser toutes les attitudes, aussi déplacées quelles aient pu être dès le départ.

M. AHMED ABUL GHEIT (Egypte) a salué les efforts réalisés par lAIEA en faveur des améliorations technologiques au profit des États par le transfert de techniques nucléaires et les programmes de renforcement des capacités et des installations.  Le secrétariat de lAgence doit disposer de moyens financiers additionnels pour assumer son rôle dans le domaine des garanties de sauvegarde, de la coopération technique, et des transferts de technologie dans le domaine du nucléaire civil et pacifique.  Le représentant a estimé ensuite que le régime intégré de sauvegarde ne peut fonctionner que si les garanties universelles du TNP sont respectées, et que les menaces sont écartées.  Depuis près de 25 ans, lEgypte demande la création dune zone exempte darmes nucléaires et darmes de destruction massive au Moyen-Orient, a dit M. Abul Gheit, insistant sur le fait quIsraël na jamais fait preuve de sérieux dans lapplication des garanties de non-prolifération.  Cette situation nous impose une double responsabilité, a-t-il dit, la première consistant à faire appliquer le régime des garanties internationales à tout le Moyen-Orient.  LEgypte appuiera toujours les activités de lAIEA et soutiendra le renforcement de ses capacités pour atteindre les objectifs de non-prolifération.

M. KIM SAM-HOON (République de Corée) rappelant le rôle essentiel du Traité de non-prolifération pour la paix et la sécurité internationales, a toutefois souligné que la capacité de lAgence à remplir ses fonctions avait été durement mise à lépreuve cette année par la République islamique d'Iran et la République populaire démocratique de Corée.  Au sujet de la Corée du Nord, la résolution 47/12, adoptée en septembre dernier lors de la Conférence générale de lAIEA, exprime clairement le message de la communauté internationale, a affirmé le représentant, qui a déclaré que le programme darmes nucléaires de Pyongyang nétait acceptable sous aucun prétexte et que rien ne saurait en empêcher le démantèlement.  Il sest ensuite félicité de la décision de la République islamique d'Iran de coopérer avec lAIEA et de signer le Protocole additionnel, ainsi que de suspendre toutes les activités denrichissement duranium.  Il a ajouté cependant que pour regagner la confiance de la communauté internationale, il faudrait peut-être que la République islamique d'Iran fasse davantage que de respecter les obligations qui lui incombent en la matière.  En ce qui concerne le terrorisme nucléaire, la République de Corée préconise une approche globale afin dempêcher que des matériaux nucléaires ne tombent entre de mauvaises mains.  Enfin sa délégation a déclaré soutenir le travail de lAIEA en faveur dune utilisation pacifique de lénergie nucléaire, rappelant quelle était la seule à pouvoir fournir de lélectricité en quantité avec un impact minimum sur lenvironnement.

M. ALEXANDER V. KONUZIN (Fédération de Russie) a rappelé que son pays était un membre actif de lAIEA. Il sest déclaré satisfait notamment du rôle important que joue cette Agence dans le renforcement du droit international en matière de non-prolifération des armes nucléaires.  Les actes terroristes en Russie, aux Etats-Unis et ailleurs, ainsi que les récents développements au Moyen-Orient et la situation critique en Iraq, ont démontré clairement le danger que représente le terrorisme international pour la communauté tout entière, a poursuivi le délégué, qui a requis les efforts accrus de tous pour mettre en place un système global et ainsi affronter les défis et les menaces, y compris nucléaires.  Il a indiqué que son pays saluait le fait que lIran se soit déclaré prêt à signer le protocole additionnel de lAccord de sécurité de lAIEA.  «Aujourdhui, la question du programme nucléaire de lIran a pris un tour excessivement politique», a-t-il déclaré, souhaitant quil soit possible de retourner à la situation antérieure, dans un cadre relevant des activités régulières de lAgence.  Il a affirmé quil ne voyait aucune raison de réduire sa coopération avec la République islamique dIran en matière nucléaire depuis que cette coopération est pleinement transparente et quelle ne viole pas la législation internationale en la matière, dun côté ou de lautre.  Concernant le programme nucléaire de la République populaire démocratique de Corée, il a mentionné que son pays avait déployé des efforts politiques et diplomatiques en vue de la reprise des pourparlers pour replacer le programme nucléaire nord-coréen à lintérieur des négociations à six.

M. MUNIR AKRAM (Pakistan) a souligné que le rapport de lAIEA avait mis en lumière le besoin croissant en énergie nucléaire dans le monde et a estimé que les centrales nucléaires étaient désormais indispensables aux pays en développement, appelant lAgence à jouer un rôle à cet égard.  Sagissant du renforcement du système de garantie, le représentant a prôné une approche équilibrée entre un aspect promotionnel et la sécurité.  Il a en outre estimé que le système de sauvegarde de lAIEA ne devait pas être utilisé pour servir des intérêts politiques partisans.  Le régime de vérification ne restera crédible que sil est fondé sur une politique non discriminatoire, basée sur les statuts de lAgence, a-t-il insisté.  A cet égard, il a jugé important de renforcer la coopération et la compréhension entre tous les Etats membres de lAgence afin de renforcer les fondements de son mandat, qui sont limpartialité, léquité et le professionnalisme, de manière à ce que la crédibilité et le pouvoir de lAIEA soient augmentés.  Par ailleurs, il a fait valoir que son gouvernement était attentif à contrer toute possibilité de terrorisme nucléaire et quil souhaitait à ce titre renforcer la convention sur la protection physique du matériel nucléaire.

M. YOSHIYUKI MOTOMURA (Japon) a réaffirmé lengagement de son pays en faveur du Traité de non-prolifération et rappelé que le programme nucléaire du Japon est restreint au domaine civil.  Le Japon, qui a été victime de larme nucléaire, ne disposera jamais darmes nucléaires, a-t-il dit, et les activités de lAIEA prennent une importance et une pertinence accrues dans le contexte actuel de remise en question des garanties de sauvegarde découlant du TNP.  Il a invité les États Membres à adhérer aux garanties de sauvegarde de lAIEA et au protocole additionnel avant de défendre le nucléaire civil qui est une source dénergie peu polluante pour lenvironnement.  Insistant ensuite sur les dispositions internationales relatives à la lutte contre le terrorisme nucléaire et radiologique, le représentant a appuyé le rôle de lAIEA dans la gestion des sources de radioactivité.  Enfin, le représentant a invité la Corée du Nord à démanteler son programme darmement nucléaire, renouvelant son appui au processus de négociations à six de Beijing, et a insisté sur le rôle de lAIEA dans la vérification du programme nucléaire nord-coréen.

M. OYUGI (Kenya) a déclaré attacher une importance particulière à la responsabilité de lAgence de fournir aux Etats Membres des garanties quant à lutilisation sécurisée et appropriée de matériaux nucléaires.  Il a toutefois jugé regrettable que quelques Etats poursuivent leurs recherches dans de nouveaux types darmes nucléaires aussi bien que dans le développement de plans stratégiques qui incluent lutilisation possible de larme nucléaire.  La délégation kényenne a salué ensuite la détermination de lAgence à promouvoir les applications de lénergie nucléaire dans des domaines divers, tels que la médecine nucléaire.  Il sest félicité que les développements de la technique de stérilisation des insectes aient été démontrés dans le cadre de la lutte contre la mouche tsé-tsé en Afrique subsaharienne, notamment au Kenya.  Par ailleurs, le programme sanitaire de lAgence au Kenya comprend des améliorations significatives dans le domaine de la radiothérapie et du diagnostic, le Kenya étant également engagé aux côtés de lAgence dans la mise en uvre dun projet portant sur léradication de la malaria.

ALLOCUTION DE SON EXCELLENCE M. YOWERI KAGUTA MUSEVENI, PRÉSIDENT DE LA RÉPUBLIQUE DE LOUGANDA SUR LES PRODUITS DE BASE ET LE DÉVELOPPEMENT

Ouvrant la discussion sur «les produits de base et le développement: lexpérience de lOuganda», en présence du Président ougandais, M. Yoweri Kaguta Museveni, le Président de lAssemblée générale, M. Julian Robert Hunte (Sainte-Lucie) a rappelé que la question des produits de base préoccupe les pays en développement depuis de nombreuses années.  Le déclin et la volatilité des prix des produits de base, associés à des pratiques de subventions agricoles et de barrières tarifaires dans les pays industrialisés, ont profondément affecté les économies des pays en développement.  Rappelant que le Groupe des personnalités éminentes sur les produits de base sest réuni les 22 et 23 septembre 2003 à Genève, le Président de lAssemblée a indiqué que le rapport du Groupe avait été examiné lors de la réunion du Groupe dexperts de lAssemblée générale le 27 octobre et lors du Dialogue de haut niveau sur le financement du développement, les 29 et 30 octobre.  LOuganda est lexemple type des pays en développement tributaires des produits de base qui ont souffert de la dépréciation des cours de ces produits, a poursuivi M. Hunte, insistant sur la contribution du Président Museveni à la valorisation des produits de base dans le développement.

La Vice-Secrétaire générale des Nations Unies, Mme Louise Fréchette, saluant la présence du Président ougandais, a estimé quen dépit des progrès constatés ces dernières années dans le développement de léconomie mondiale, les pays en développement sont confrontés à la chute des prix des produits de base.  95 pays en développement sur 141 dépendent de ces exportations, a-t-elle observé ensuite, tandis que 70 pays tirent des recettes dexportation de trois produits.  Pourtant, entre 1980 et 2002, les prix des produits agricoles ont chuté de 47% par rapport aux produits manufacturés, et les prix des métaux et des minerais ont chuté de 35%, a-t-elle dit, prenant lexemple du café dont les producteurs reçoivent aujourdhui un tiers des revenus dont ils disposaient dans les années 90.  Pour 81 pays en développement, a-t-elle poursuivi, les échanges commerciaux ont été déficitaires de près de 6 milliards de dollars par an sur la période 1995-2000, soulignant que la faiblesse des recettes dexportation a une influence directe sur le succès de linitiative PPTE sur la dette.  Plaidant ensuite pour une application rigoureuse du Consensus de Monterrey et pour une ouverture des marchés des pays développés aux produits du sud, elle a souhaité que le Cycle des négociations de Doha se penche sur les questions des produits de base, et que les institutions de Bretton Woods prévoient des mécanismes de stabilisation des prix des produits de base.  Cette question est étroitement liée à la réalisation des Objectifs de Développement du Millénaire dici à 2015, a conclu Mme Fréchette.

M. SHA ZUKANG (Président du Conseil du commerce et du développement de la CNUCED) a souligné les difficultés que rencontrent les pays en développement qui dépendent des produits de base.  Ceux-ci ont perdu plus de la moitié de leur pouvoir dachat par rapport à ceux qui fabriquent des produits manufacturés, a-t-il rappelé.  Or ces produits de base constituent lépine dorsale de leur économie, a-t-il souligné,  estimant quil était urgent de trouver des solutions pour datteindre les Objectifs de Développement du Millénaire dici à 2015.

Lan dernier, l'Assemblée générale avait demandé au Secrétaire général de désigner des personnalités éminentes et indépendantes pour établir un rapport, qui devait étudier notamment linstabilité des prix des produits de base. Ce Groupe a présenté 15 mesures réalistes et pratiques, à court, moyen et long terme, a-t-il précisé.  Il sagit en particulier du renforcement de laccès aux marchés pour les produits de base, de lexamen du problème de surapprovisionnement, des programmes de compensation, du renforcement des capacités institutionnelles, et de la création de nouveaux fonds de diversification.  La CNUCED a examiné ce Rapport le 17 octobre 2003, a-t-il indiqué, précisant que lorganisation allait consacrer sa prochaine session à cette question. Il a estimé que celle-ci méritait dattirer notamment lattention de lOMC, en lencourageant à la reprise des négociations de Doha sur lélimination des subventions. Tout cela a été examiné par la Deuxième Commission de lAssemblée générale afin de permettre une plus grande visibilité des produits de base, a-t-il affirmé. Enfin, le représentant a appelé instamment l'Assemblée générale à rompre la conspiration du silence envers les pays qui soufrent de la dépendance aux produits de base.

M. YOWERI KAGUTA MUSEVENI, Président de lOuganda, rappelant son intervention à la fin du mois de septembre dernier à la troisième TICAD, à Tokyo, a estimé que la notion de produit de base recouvre en réalité les produits bruts, cest-à-dire les produits qui ne sont pas traités.  Cette matière brute est utilisée pour lindustrie manufacturière, a-t-il indiqué ensuite, avant de souligner que lerreur des 95 pays en développement évoqués par Mme Fréchette ne réside pas dans le fait de produire des matières brutes, mais bien dans le fait de reposer uniquement sur ces produits pour sassurer des recettes dexportation.  Le coton, le tabac, le café, les minerais, sont produits en Ouganda, a-t-il dit, évoquant les différentes étapes, dans le cas du coton, de son traitement vers la confection.  Après son indépendance, lOuganda exportait uniquement le coton à létape brute, ce qui, en termes actuels, revient à 1,20 dollar le kilo.  Sil est transformé en fil, le coton triple de valeur, si le fil est tissé, sa valeur est six fois supérieure, et, avec la même quantité de coton, une fois confectionné, il revient à 12 dollars le kilo.  Ce qui revient à dire que les pays africains producteurs de coton deviennent donateurs vers les pays industrialisés : ils donnent 9 dollars à ces pays industrialisés lorsquils exportent le coton à létat brut, et leur donnent aussi des emplois puisque la transformation se fait ailleurs.  Il en est de même pour le café, a-t-il ajouté, car la logique des prix des produits de base est que plus on travaille, moins on gagne, sans pour autant que le prix du café à New York baisse, loin de là.  Il y a cinq ans, en 1998, le marché du café était de 55 milliards de dollars au total, mais les producteurs ne touchaient que 8 milliards, et aujourdhui, pour 71 milliards de dollars au total, les producteurs ne touchent que 5 milliards de dollars.

Les matières premières brutes vont continuer de baisser, quon le veuille ou non, et ce pour trois raisons: avec les nouvelles technologies, on a besoin de certaines matières en moindre quantité, a observé le Président, cest le cas du cuivre produit en Afrique et qui servait dans le passé dans la fabrication des téléphones.  Les prix des produits de base diminuent en raison de la baisse de la demande, de lévolution des technologies, ou de laugmentation de loffre, a-t-il dit, mais là cest à nous de nous adapter.  En effet, a indiqué le Président ougandais, il est facile de produire du café du Brésil à la Colombie, de lOuganda à lEthiopie.  Mais, a-t-il dit, la troisième raison, celle des subventions et des mesures protectionnistes prises par les Etats-Unis, le Japon et lUnion européenne, est aussi lune des raisons pour lesquelles les produits de base perdent en valeur et sont abondants sur les marchés.  Sil était facile pour les pays du Sud dexporter de la viande de buf vers les marchés développés, la production de ces pays serait diversifiée, a-t-il dit, mais comme elles sont en concurrence avec les produits des pays industrialisés, laccès aux marchés est limité alors quil est ouvert aux produits bruts tels que le café ou le coton.

Récemment, a-t-il ironisé, nous nous sommes rendu compte que les fleurs étaient exportables et pouvaient nous procurer des devises sur les marchés du Nord.  Alors nous nous sommes adaptés.  Cependant, le Président Museveni a plaidé pour un processus de transformation des produits bruts et estimé que, pour cela, les pays industrialisés devaient aussi consentir à ouvrir leurs marchés pour sortir du cercle vicieux.  Car où est le marché pour ces produits manufacturés, a demandé le Président ougandais, naturellement, dans les pays riches.  Il y a 800 millions dAfricains pour un marché de 500 millions de dollars, ce qui, comparé aux 290 millions dAméricains qui consomment pour 11 000 milliards de dollars, est dérisoire, a-t-il dit, plaidant pour un appui de la communauté internationale afin que les pays du Sud deviennent des économies de transformation.  En effet, a-t-il dit, il ny a pas de marché en Afrique car il ny a pas de consommateurs, et il ny a pas de consommateurs car il ny a pas de travail, prenant lexemple de lOuganda où, faute de moyens et demploi, la consommation annuelle de lait est en moyenne de 30 litres par habitant, contre les 200 litres préconisés par lOMS, alors que ce pays est en situation de surproduction laitière.  En Afrique, nous en sommes encore au stade des physiocrates dont la théorie a été développée en France il y a trois siècles, a conclu le Président Museveni, exhortant les États africains et les autres pays en développement à sinvestir dans un effort de transformation.

Concluant la séance, le Président de lAssemblée générale, M. JULIAN ROBERT HUNTE, a déclaré que le Président Yoweri Museveni avait indiqué ce quil fallait faire pour améliorer la situation concernant les pays dépendant des produits de base.  «Vous avez souligné que la diversification en tant que telle ne peut aboutir, à moins quelle ne réponde à une transformation réelle de léconomie», a-t-il notamment expliqué.  Il a ajouté quà la lumière des explications du président ougandais, «il faudrait revoir la façon dont on considère la valeur ajoutée».  Il sest enfin dit convaincu que les Nations Unies resteraient saisies de cette question.