Etude " Stupéfiants et accidents mortels de la circulation routière " (SAM)


Communiqué de presse - Financée par le Ministère de la Santé et coordonnée par l'OFDT (Observatoire français des drogues et des toxicomanies) en association avec la DISR (Délégation interministérielle à la sécurité routière) et la MILDT (Mission interministérielle de lutte contre la drogue et la toxicomanie), cette étude a été acceptée pour publication par le British Medical Journal. Les auteurs de l'article sont Bernard Laumon, Blandine Gadegku, Jean-Louis Martin, Marie-Berthe Biecheler et le groupe SAM (Stupéfiants et accidents mortels).

Ce travail scientifique est sans équivalent en France. L'analyse a porté sur 10 748 conducteurs impliqués dans 7 458 accidents mortels survenus entre octobre 2001 et septembre 2003. La rigueur méthodologique est grande, en particulier sur le choix de l'échantillon témoin1 , ce qui conditionne la qualité des résultats.

Les principales conclusions apportées par cette étude sont les suivantes :


A partir de tests de dépistage systématique effectués lors de ces accidents, cette étude de grande ampleur a surtout permis de définir les risques liés à l'usage de cannabis, seul produit illicite suffisamment détecté pour être statistiquement significatif : 8.8% des conducteurs responsables d'accidents mortels ont été retrouvés positifs au cannabis. 

Conduire sous l'effet du cannabis double, en moyenne, le risque d'être responsable d'un accident mortel (x 1,8*).

L'étude démontre pour la première fois l'existence d'un " effet-dose ", c'est-à-dire que le risque augmente avec la concentration de THC (principe actif du cannabis) dans le sang. 

Le nombre de victimes imputable au cannabis serait de l'ordre de 220 morts par an sur les routes, dont une grande part a moins de 25 ans. Les accidents résultent d'une plus grande vulnérabilité du conducteur face à un événement inattendu ou, en cas de forte consommation ou de mélange avec l'alcool, d'une dégradation générale des capacités de conduite pouvant mener à une perte de contrôle.

La consommation conjointe de cannabis et d'alcool (effective chez 40% des conducteurs positifs au cannabis) entraîne une cumulation des effets, et une multiplication des risques : le conducteur positif au cannabis et à l'alcool multiplie ainsi par 14 le risque d'être responsable d'un accident mortel. 

L'étude confirme s'il en était besoin la forte dangerosité de l'alcool au volant. Les résultats de l'enquête se rapprochent de toutes les données déjà existantes. Conduire sous l'emprise de l'alcool multiplie le risque d'avoir un accident mortel par 8,5, et le nombre de victimes imputables à l'alcool est de 2.270 par an sur les routes.


Ainsi disponibles, les résultats de l'enquête SAM constituent une base scientifique essentielle pour l'action des pouvoirs publics en particulier dans le cadre de la priorité présidentielle pour la sécurité routière et dans celui du Plan gouvernemental de lutte contre les drogues illicites 2004-2008.

Une synthèse de l'étude est disponible sur le site de l'OFDT : www.ofdt.fr


1 L'échantillon témoin est composé de conducteurs non responsables de l'accident, ce qui permet de disposer d'une population dont les caractéristiques sont comparables à celles des conducteurs qui circulent sur les routes.


* Ce chiffre représente le sur-risque lié au seul usage de cannabis. Si l'on y ajoute les autres facteurs de sur-risques inhérents à cette catégorie de conducteurs (âge et sexe, état du véhicule, moment de l'accident) le risque d'être responsable d'un accident mortel est alors multiplié par 3,17.