L'intersyndicale de la Société nationale Corse Méditerranée (SNCM), qui a proposé un projet alternatif à l'entrée d'investisseurs privés dans le capital de la compagnie, a renoncé à son préavis de grève reconductible initialement prévue à partir de lundi, a-t-on appris samedi de sources syndicales.

"Nous ne voulons pas ajouter de la fragilité à la fragilité", a indiqué Maurice Perrin (CFE-CGC), rappelant que le préavis déposé le 9 février avait pour objectif premier de pousser le ministre de tutelle de la compagnie maritime publique, François Goulard, à accepter une table ronde, finalement organisée le 17 février à Marseille.

La CGT a indiqué de son côté qu'il était toutefois "probable" qu'une "action de 24 ou 48 heures" serait organisée "d'ici le 10 mars", date d'une journée nationale d'arrêts de travail et de manifestations pour défendre notamment les salaires.

"Nous allons étudier l'opportunité d'organiser cette action ponctuelle avec l'ensemble de la filière portuaire et maritime pour appuyer nos revendications", a déclaré Jean-Paul Israël (CGT-marins).

L'intersyndicale (CGT, FO, CFE-CGC et CFTC) avait présenté jeudi, lors d'une réunion de suivi de la table ronde, organisée sous l'égide du préfet de Provence-Alpes-Côte-d'Azur Christian Frémont, un projet alternatif de "re-financement" de la compagnie en grave difficulté financière.

Ce montage financier complexe consisterait à ce que la holding qui chapeaute la SNCM, la Compagnie générale maritime et financière (CGMF), rachète une partie des actifs de la SNCM, permettant ainsi de renflouer les caisses.

"Les procédures doivent se poursuivre", a ajouté M. Perrin, précisant qu'une nouvelle réunion de suivi était prévue le 7 mars à Paris devant "permettre aux représentants du ministère d'étudier (notre) projet avec les experts du comité d'entreprise".

Les syndicats espèrent ainsi éviter la "privatisation" de la SNCM.

Lors de sa venue à Marseille, M. Goulard, accusé par les syndicats de vouloir "saboter" la compagnie en la présentant publiquement comme "au bord du gouffre", avait réaffirmé le scénario privilégié du gouvernement, l'ouverture du capital à des investisseurs privés. Un expert, Claude Gressier, a été chargé de contacter d'éventuels partenaires.