KOSOVO

« Un grand défi nous attend dans les Balkans occidentaux, où l'Union européenne s'est engagée à accompagner le cheminement du Kosovo vers son statut final. Elle doit se préparer à une relève de l'OTAN sur le modèle de ce qui a été entrepris en Bosnie. La France y prendra, bien sûr, toute sa part. » (M. Jacques Chirac, Président de la République, discours lors de louverture de la XIVème Conférence des Ambassadeurs, Paris, le 28 août 2006)


LES FORCES FRANÇAISES AU KOSOVO
Au Kosovo, la France est un contributeur majeur de la KFOR (forces au Kosovo) avec 2000 hommes, soit le 3ème contingent en effectifs après l'Allemagne et l'Italie. Les Forces françaises sont déployées principalement au sein de la MNTF-N (Task Force multinationale Nord). La KFOR est la deuxième plus importante opération de l'OTAN après l'Afghanistan. La France en prendra le commandement en septembre 2007 pour un an.

La KFOR
La KFOR a pour mandat principal d'assurer un environnement sécurisé permettant à la Mission d'administration intérimaire des Nations Unies au Kosovo (MINUK), aux organisations internationales et aux institutions provisoires, de mener à bien leur action. Organisée depuis 2006 en cinq Task forces multinationales (MNTF), la KFOR est placée sous le commandement de l'OTAN et compte environ 16 000 militaires issus de 42 nations.
Cette organisation permet une réactivité et une flexibilité accrues face à toute dégradation de la situation sécuritaire. Les Etats-Unis commandent la MNTF - Est, la Suède la MNTF- Centre, l'Allemagne MNTF - Sud, l'Italie la MNTF- Ouest et la France a conservé la région Nord avec la MNTF-Nord.
Depuis le 1er septembre 2006, la KFOR est commandée par le major-général allemand Kather, succédant aux généraux italien Valotto et français de Kermabon. Le général français Jean-Marc Nebout occupe les fonctions dadjoint opérations du commandant de la KFOR et représentant français au Kosovo.

La MNTF-N
Avec la Task force multinationale Nord (MNTF-Nord), la France a la responsabilité de la zone septentrionale du Kosovo. Les installations militaires de la MNTF-Nord sont situées à Novo Selo, Mitrovica et Leposavic.
Ses missions principales sont d'assurer un environnement sûr et sécurisé et de garantir la liberté de circulation pour tous les kosovars, de soutenir la MINUK (Mission d'administration intérimaire des Nations-Unies au Kosovo) afin de faciliter ses missions de maintien de la paix et de stabilisation et enfin de favoriser le transfert progressif de responsabilité aux institutions locales.
Chaque jour, la MNTF-Nord uvre en coopération avec la police de la MINUK et la police locale, notamment au travers de patrouilles à pied et motorisées et de check points temporaires.

Placée sous les ordres du général Clément-Bollée depuis le 23 janvier 2007, la MNTF-Nord compte quelques 3 000 militaires de 7 nationalités différentes (1850 Français, 220 Marocains, 280 Danois, 230 Grecs, 200 Belges et 23 Luxembourgeois et 30 Mongols).
Les unités françaises déployées proviennent essentiellement de la 6e brigade légère blindée de Nîmes (30) et de la 1ère brigade mécanisée de Châlons en Champagne (51). Les principaux régiments engagés sont : le 1er régiment étranger de cavalerie d'Orange (84), le 3e Régiment d'artillerie de marine de Canjuers (83), le 1er Régiment étranger de génie de Nîmes (30), le Régiment de marche du Tchad de Noyon (60), le 21e Régiment d'infanterie de marine de Fréjus (83), ainsi que des unités de brigades spécialisées : le 3e Régiment d'hélicoptères de combat d'Etain (55), le 516e Régiment du train de Toul (54), le 48e Régiment de transmission d'Agen (47), le 1er Régiment du génie d'Illkirch (67) et le 2e Régiment du génie de Metz (57). Des éléments isolés d'unités du matériel, du commissariat de l'armée de terre, du service de santé et du service des essences des armées renforcent ce dispositif.

Participation des unités de gendarmerie aux opérations
Plus de 200 gendarmes sont actuellement déployés au Kosovo. 156 le sont dans la cadre du volet militaire de la KFOR.
Au sein de la KFOR :
- 80 gendarmes sont affectés à la MSU (multinational specialized unit), rattachée au COMKFOR et chargée de la recherche du renseignement et du maintien de l'ordre ;
- deux pelotons de gendarmerie, de surveillance et d'investigation (PGSI) sont implantés à Mitrovica avec pour mission la recherche de renseignement et la participation au contrôle de foule.
- 50 gendarmes sont déployés au sein de la MINUK et un officier général est affecté à l'European Union Planning Team (EUPT).

LES GRANDES DATES DE L'ENGAGEMENT DE LA FRANCE AU KOSOVO

Octobre 1998 : 50 observateurs militaires français participent à Pristina et à Mitrovica à la mission de l'OSCE : Kosovo Vérification Mission (KVM) pour superviser le retrait des forces serbes.

1999 : Opération Allied Force/Trident : plus d'une centaine d'aéronefs français de l'armée de l'air et du groupe aéronaval participent à l'opération de l'OTAN (la France est deuxième contributeur avec 10% des missions aériennes). Près de 6 500 militaires français participent à l'entrée au Kosovo et forment ensuite l'ossature de la Brigade Multinationale Nord Est de la Kosovo FORce (KFOR) de
40 000 hommes.

1er août 2000 : le dispositif naval dédié aux Balkans est mis en veille.

Le volume des forces terrestres françaises passe à 4500 hommes fin 2002 puis à 3200 en 2003 (environ 15 % de la force).


Mars 2004 : des manifestations interethniques autour de Mitrovica dégénèrent en sanglants affrontements (embrasement du Kosovo). Le dispositif militaire est alors stabilisé à 17 500 militaires dont près de 3 000 Français.

Début 2007 : 2000 militaires français servent au Kosovo sur les 16000 soldats qui constituent la KFOR.

Deux généraux français ont commandé la KFOR : le général Marcel Valentin (de décembre 2001 à septembre 2002), puis le général Yves de Kermabon (du 1er septembre 2004 au 1er septembre 2005). La KFOR sera commandée par un Français à partir de septembre 2007, pour un an.
 

LES FORCES FRANÇAISES EN BOSNIE

La France est engagée militairement en Bosnie depuis l'été 1992. Elle déploie actuellement 400 militaires au sein de l'opération de l'Union européenne Althéa. L'opération française porte le nom d'Astrée.

EUFOR : l'opération Althéa
Le 2 décembre 2004 marque la création de l'opération menée par l'Union européenne, Althéa, en remplacement de la Stabilization Force (SFOR) de l'OTAN en Bosnie Herzégovine. Althéa est l'intervention militaire la plus importante jamais déployée par l'Union européenne. Elle est commandée par le vice amiral (allemand) Hans-Jochen Witthauer depuis le 5 décembre 2006.

La résolution 1575 du conseil de sécurité des Nations unies, confiant à l'Union européenne le rôle principal dans la stabilisation de la paix au titre des aspects militaires des accords de Dayton, a été adoptée le 22 novembre 2004. L'Union européenne, dans la continuité de l'OTAN, a pour mission d'assurer une présence dissuasive garantissant les conditions nécessaires à la construction politique et économique de la Bosnie et certaines tâches spécifiées dans les accords de paix.

L'ensemble des Task forces continue à mener des opérations destinées à récupérer de l'armement, à intervenir sur des objectifs ciblés (caches d'armes, réseaux de soutien aux personnes recherchées) et, sur requête des autorités locales relayée par la mission de police de l'UE (MPUE), à apporter un soutien dans le domaine de la lutte contre la criminalité organisée.
La résolution 1722 du 21 novembre 2006 prolonge le mandat de l'EUFOR pour 12 mois.

Les mêmes résolutions du Conseil de sécurité des Nations unies autorisent l'OTAN à maintenir en Bosnie Herzégovine un quartier général ayant pour mission de participer à la mise en uvre des accords de paix. L'action de ce quartier général est aujourd'hui essentiellement tournée vers la réforme de la défense de Bosnie Herzégovine.

L'opération Althéa se compose d'environ 5700 militaires sur le théâtre. 32 nations y contribuent. Son organisation comprend un état-major, une composante de police militaire intégrée et trois Task forces :
- la première en zone Nord est sous commandement finlandais ;
- la deuxième en zone Nord-Ouest est sous commandement britannique ;
- la troisième est en zone Sud-Est, avec un commandement tournant entre la France, l'Italie, l'Espagne et l'Allemagne.

Chacune de ces Task forces dispose d'une capacité de réaction (compagnies de manuvre) et d'une capacité de vigilance opérationnelle organisées en :
- une unité de renseignement et de reconnaissance ;
- une unité légère de liaison et d'observation constituée d'équipes réparties sur le territoire selon le découpage administratif du pays.

Dans le cadre des accords OTAN-UE de " Berlin + ", l'opération Althéa utilise les moyens de planification, de commandement et de communication de l'OTAN.

L'opération Astrée, contribution française à l'opération Althéa
Le dispositif français est centré sur la Task Force Multinationale Sud-Est (TFMN-SE) dont le poste de commandement est à Mostar. Le 31 août 2006, le général (FR) Daehn, commandant la brigade du génie à Strasbourg, a pris pour six mois le commandement de cette Task Force.

Le 18 décembre 2006, le colonel Boilletot a pris les fonctions de représentant français de l'opération Althéa.
L'opération Astrée compte 400 militaires. La France est 5e contributeur d'Althéa avec 7% des effectifs globaux. Elle ne déploie plus d'unité de manuvre en Bosnie Herzégovine. Sa présence, en plus des militaires insérés dans les états-majors de l'EUFOR et de la TFMN-SE, est assurée par un peloton de renseignement et de reconnaissance, 4 équipes de liaison et d'observation et des éléments de soutien. Elle exerce de plus la responsabilité patrimoniale de la base de Mostar.

La France participe par ailleurs au dispositif de recherche et de capture des criminels de guerre aux côtés des autorités bosniaques, premières responsables de leur arrestation selon les accords de Dayton et conformément aux résolutions du Conseil de sécurité des Nations Unies.

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