Il est regrettable que Lionel Jospin ne prenne toujours pas conscience de la force et du sens du non de gauche. Il est pourtant mieux placé que quiconque pour savoir que tout le débat de cette campagne oppose les tenants de lEurope libérale à ceux de lEurope sociale et porte les exigences de progrès social quexprime le peuple de gauche. Et que si le non est aujourdhui aussi haut, cest quune partie importante de ce peuple de gauche, et notamment de sympathisants du Parti socialiste, refuse lEurope libérale que nous promet ce traité. Cette exigence ira à la rencontre des inquiétudes, des attentes et des espoirs qui sexpriment chez tous les peuples européens, et créera les conditions dune véritable renégociation.

Il est également regrettable que Lionel Jospin ait présenté le projet de traité Constitutionnel comme un cadre qui autoriserait des politiques de droite ou de gauche. Il ne peut pas ignorer que la partie III, comme le dit le Président Giscard dEstaing, reprend et constitutionnalise toutes les politiques européennes que nous connaissons depuis 20 ans. Si cest un cadre, cest un cadre implacable : des politiques libérales qui portent en elles la mise en concurrence des salariés et des systèmes sociaux, la condamnation des services publics et le nivellement par le bas pour tous les peuples européens. Et ces politiques seront, demain, dautant plus dures pour ces peuples quelles auront été rendues intouchables par leur constitutionnalisation.

Parti communiste français