Communiqué de presse, le 10 Février 2026 – Je me permets de vous partager ma réaction écrite aux dires liés à des abus d’utilisation du congé menstruel dans notre université, de telle sorte à ce que mes propos soient pris dans leur intégralité. Je pense qu’il faut remettre l’église au milieu du village et ne pas cultiver la vague médiatique autour de ce sujet.
Depuis plusieurs jours, nous voyons des dizaines d’articles et chroniques à ce propos. Je vous avoue être personnellement outrée par la chronique des Grandes Gueules du 09/02/26 à ce sujet. Certains propos tenus frôlent selon moi la transphobie et l’antiféminisme.
Pour reprendre des propos que j’ai pu entendre, non « cette école-là » n’a pas disjoncté. Cette école n’a fait qu’appliquer le dispositif, comme l’ensemble des composantes de l’Université de Limoges.
Je me permets également une petite rectification sur les chiffres annoncés par un chroniqueur : le dispositif prévoit 10 jours maximum par an, et non par mois.
Il est primordial aussi de voir le dispositif dans sa globalité, c’est-à-dire avec tout le côté de prévention et d’accompagnement proposé pour déceler des personnes en souffrance, lié par des signalements d’utilisation du dispositif au Service de Santé Étudiante. C’est l’essence même du dispositif.
Le nombre qui a été annoncé (et je ne sais pas comment car nous ne sommes pas en capacité de fouiller les données personnelles et médicales) ne représentent que 0,3% des étudiants et étudiantes de l’Université de Limoges. Je pense qu’il ne représente ni les étudiants de l’Université de Limoges, ni la Jeunesse.
La chronique dit que l’« on ne doit pas soutenir ça ». Je ne laisserai pas l’Université publique française se faire pointer du doigt de telle sorte. Ni l’Université ni l’école d’ingénieurs ne soutiennent les agissements marginaux de certains. Nous avons nous-même souligné l’irrespect que ces actes représentaient.
En revanche, nous soutenons notamment au travers de cette initiative les étudiant·es en transition, pour qui la société actuelle est déjà assez discriminante. Ces personnes n’ont pas à avoir à se justifier, encore et toujours, pour bénéficier des dispositifs d’accompagnement.
J’ajouterais aussi que l’Université ne s’est pas « amusée » à mettre en place ce dispositif ainsi que les mesures qui le construisent, au contraire. Ce dispositif a été co-construit avec les services techniques, les professeurs, le service de santé et les étudiants (dont moi-même) pour trouver une proposition juste et tenant compte de toutes les réalités actuelles, dont beaucoup manquantes des articles que je vois actuellement.
Par exemple, l’absence de certificat médical est une volonté. À l’Université comme à l’image de la France, le service de santé est surchargé. Obliger une personne souffrante à se lever pour prendre un rendez-vous qu’elle n’aura surement pas tout de suite, en surchargeant le SSE afin d’avoir un papier attestant d’une douleur qui ne peut pas toujours être prouvée, c’est selon nous ridicule. De plus, c’était une des volontés centrales dans la construction de ce dispositif.
J’ai entendu un chroniqueur dire « Martin ne peut pas nous dire qu’il a des règles douloureuses ». Comme pour les 50 cas annoncés, bien qu’il y ait eu quelques abus c’est un fait, j’en profite pour douter de la présence de tout un chacun dans la culotte ou le slip de Martin.
Je suis triste de voir que la chronique exclut des minorités : une femme, comme il est dit « au sens biologique du terme » peut demander un changement d’état civil / un changement de genre d’usage à l’université et être déclarée comme homme, que cela plaise ou non.
En tant que femme et sous toutes mes casquettes, je blâme les personnes ayant volontairement abusé de ce dispositif, et je réaffirme mon soutien aux personnes ayant pu être blessées en leur sein par les agissements de certains.
En tant qu’étudiante de cette école d’ingénieurs, je ne laisserai pas dire que « l’école est soumise intellectuellement ». J’insiste sur le recadrage effectué pour mettre fin à ces abus.
En tant que Vice-Présidente Étudiants de l’Université de Limoges, je condamne fermement les propos tenus dans les médias pour qualifier la jeunesse. Nos étudiants ne sont pas à infantiliser ou à vouloir déresponsabiliser. Je suis fière et je réaffirme la volonté de l’Université de mettre en place des dispositifs inclusifs. Je condamne évidemment, comme j’ai déjà pu le faire dans un mail interne à la communauté universitaire que j’ai co-signé, les abus d’utilisation de ce dispositif.
Merci pour votre lecture et la considération de ma parole dans son entièreté.
Nous restons disponibles pour parler des objectifs concrets du dispositif, des retours d’expérience de l’ensemble des universités françaises l’ayant expérimenté, ou des constats médicaux faits par le SSE.
En espérant ne pas avoir été blessante et avoir permis de remettre quelques vérités qui manquaient selon moi à l’appel.
Lola DORVAL

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