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Lettre ouverte

06 Jan 2026

Rédaction de communiqué de presse, le 06 Janvier 2026 – Monsieur le Président de la République,

En 2016, je vous ai sollicité pour l’effacement de mon casier judiciaire. À l’époque, Monsieur Éric Vaillant, procureur de la République, avait refusé ma demande à trois reprises. Grâce à vous, j’ai pu retravailler dans le secteur social.

Mais ce que j’y ai trouvé, c’est l’horreur.

J’ai été licencié pour des faits de harcèlement sexuel que je conteste formellement. Des accusations infondées, suffisantes pourtant pour briser une carrière et réduire quelqu’un au silence.

En 2021, je découvre et signale des pratiques graves au sein d’institutions sociales à Grenoble : prosélytisme, pressions, racket, points de deal dans des foyers, prostitution. J’alerte. Je fais mon travail. Je dis ce que je vois.

Je devais être protégé.
Je ne l’ai jamais été.

La gendarmerie de Saint-Égrève, spécialisée dans les questions de radicalisation, disposait de mon témoignage ainsi que d’éléments accumulés sur plusieurs années. Ma hiérarchie savait. Les institutions savaient.

Monsieur Barbier, président du Département de l’Isère, affirme que ces affaires ne lui seraient jamais remontées. C’est faux.
Monsieur Éric Vaillant, procureur de la République à Grenoble, l’Aide sociale à l’enfance (ASE), et certaines directions ont fait un choix clair : écarter celui qui parle plutôt que traiter les faits.

J’ai été déraciné.
Les autres sont restés en place.

Depuis, on m’empêche de travailler. Parce que je dérange. Parce que je refuse de me taire. Parce que je n’entre pas dans les cases qu’on m’impose.

J’ai été abandonné par mon pays.
Je n’ai pas été protégé.
J’ai échappé à un, voire deux guet-apens à Grenoble.
J’ai dû changer de nom.

Après mon licenciement, je n’ai bénéficié d’aucune aide réelle. En France, les aides arrivent trop tard. Quand elles arrivent. Aujourd’hui, je travaille, mais je n’arrive pas à joindre les deux bouts. Je suis endetté. Je suis expulsé de mon logement.

J’ai vu quatre assistantes sociales. La réponse finale a été simple : « on ne peut rien pour vous ».

Voilà la réalité du social en France.

Mes avocats dans l’affaire du prosélytisme impliquant le foyer Le Chemin à Grenoble et le CODASE m’ont laissé tomber. Toucher à ces sujets dérange. Dire certaines vérités dérange.

Pendant ce temps, on protège les institutions.
On protège les responsables.
Et on laisse tomber ceux qui se lèvent tous les matins, travaillent, et qu’on met dehors sans justice, sans soutien, sans protection.

La vérité permet de se construire.
Moi, on m’a détruit pour avoir parlé.

Ceci est une lettre ouverte.
Et je n’ai plus rien à perdre.

Vincent Murillo

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