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Quand les enfants attendent dans le froid : ce que la manifestation du 10 novembre à l’école Saint-Michel a réellement révélé

13 Nov 2025

Communiqué de presse gratuit, le 13 Novembre 2025 par Igor Guintsenberg-Goldberg – Lettre ouverte d’un parent qui refuse de rester silencieux. Le 10 novembre, à l’École chrétienne Saint-Michel de Bruxelles, une action du personnel enseignant a été organisée pour attirer l’attention des autorités sur les difficultés du système éducatif. Les enseignants se sont placés devant l’établissement avec des pancartes portant l’inscription : « Klaxonnez pour nous soutenir ».

Une initiative pacifique, légitime, et qui vise un problème réel : la situation des écoles et du personnel éducatif.

Cependant, ce jour-là, ceux qui ont le plus ressenti les conséquences de cette action ne sont ni les autorités ni les conducteurs, mais les enfants.

Une matinée ordinaire… jusqu’au moment où les enfants ont parlé

Vers 8 h 15 – 8 h 30, les parents déposent leurs enfants.

Tout semble normal : les portes sont ouvertes, les élèves entrent, le personnel est présent.

En repartant, j’aperçois des enseignants rassemblés près de la route, pancartes à la main. Rien ne laissait penser que la routine de la journée allait être bouleversée.

Ce n’est qu’à 15 h 30, en récupérant mon fils, que la réalité est apparue.

« Papa, on est restés dehors pendant une heure. Ils ne nous laissaient pas entrer »

Mon fils m’a raconté que, pendant l’action, les enfants n’étaient pas autorisés à entrer dans leur classe.

Ils sont restés dehors, devant l’école, pendant environ une heure.

En plein mois de novembre.

Dans un froid humide typiquement bruxellois.

Oui, des membres du personnel étaient présents, mais cela ne change rien à la réalité physique :

des enfants immobiles, exposés au froid, attendant que les portes s’ouvrent à nouveau.

Certains avaient les mains gelées.

D’autres se sentaient mal.

Plusieurs sont tombés malades les jours suivants.

Une question s’impose alors naturellement :

comment une action, destinée à sensibiliser les autorités, a-t-elle pu placer des enfants dans une situation de discomfort et de risque évitable ?

L’action n’a guère été remarquée par les automobilistes, mais les enfants, eux, l’ont ressentie

Les enseignants espéraient que les conducteurs klaxonneraient pour exprimer leur soutien.

Dans les faits, peu d’automobilistes ont compris le message. L’action est passée quasi inaperçue.

Pourtant, les enfants – les plus vulnérables – en ont payé le prix direct.

Observations personnelles : l’école souffre de problèmes structurels

Ce n’est pas la première fois que cette école soulève des interrogations.

Après plusieurs visites de l’établissement, voici quelques constats personnels :

– La qualité des repas scolaires est préoccupante.

Le goût, la présentation et la valeur nutritionnelle semblent loin des standards attendus.

– Les sanitaires des élèves sont dans un état inacceptable.

Odeurs fortes, saleté visible, impression de négligence.

Ce sont des conditions indignes d’un lieu d’apprentissage.

Ce ne sont pas des opinions isolées : de nombreux parents rapportent les mêmes observations.

Le problème n’est pas la protestation. Le problème est l’impact sur les enfants

Le personnel éducatif a le droit – et souvent la nécessité – de faire entendre sa voix.

Mais aucune action, aucune revendication, aucun message ne devrait avoir pour conséquence que des enfants restent dehors pendant une heure, dans le froid, sans possibilité de rejoindre leur classe.

Une école a la responsabilité première d’assurer :

– la sécurité,

– le confort,

– la protection physique des élèves.

Si cette mission échoue, même ponctuellement, alors la question n’est plus celle d’une manifestation, mais du fonctionnement global de l’établissement.

Questions légitimes que les parents doivent poser

Pourquoi les enfants n’ont-ils pas pu entrer dans leurs classes pendant une heure ?
Qui a pris cette décision ?
Pourquoi les parents n’ont-ils reçu aucune information préalable ?
Les risques liés au froid ont-ils été pris en compte ?
Qui vérifie l’état sanitaire des locaux et de la restauration scolaire ?
Les autorités sont-elles conscientes de la réalité vécue par les enfants dans certains établissements ?

Ce n’est pas un texte contre l’école. C’est un texte pour les enfants

Les enfants n’ont pas à être des acteurs involontaires d’une mobilisation d’adultes.

Ils n’ont pas à attendre dehors, dans le froid, pour des raisons qu’ils ne comprennent pas.

Ils n’ont pas à subir les lacunes d’une organisation insuffisamment anticipée.

Le 10 novembre n’a pas révélé une erreur ponctuelle, mais un symptôme :

notre système éducatif possède des failles qui ne peuvent plus être ignorées.

Les enfants méritent mieux.

Et les adultes – parents, enseignants, direction, autorités – doivent garantir cela ensemble.

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